
En quittant Veracruz, pour Tuxpan, nous avons pris la route en direction de Xalapa… La ville n’était pas sur le chemin,

et nous savions dès le départ que nous faisions un détour, en y repensant, c’était un peu fou… Pas vraiment entre Veracruz et Xalapa : c’est de l’autoroute, que nous avons pris payante, bien sûr, et il pleuvait ce matin-là, mais le reste du chemin est épique ! Notre route nous ramène dans les terres et les zones montagneuses alors qu’il aurait suffit de prendre la côte du Golfe du Mexique en direction du Nord pour atteindre la ville où le mariage était célébré ! Toutefois, Katell et moi étions d’accord pour voir du paysage montagneux, et nous allions être servies !!
Sur le chemin de Xalapa, tout va bien, cela fait deux jours que nous sommes arrivées, et nous commençons à prendre nos marques, nous nous sentons confortables dans ce pays, et je prends confiance en voiture, je n’ai plus de craintes et je me suis habituée à l’environnement de conduite mexicain, à voir des

taxis porter des machines à laver à même

leur toit, des mobylettes avec 3 ou 4 personnes dessus, des personnes à pied sur le bord des autoroutes, ou à cheval…, des gens qui traversent au milieu de nulle-part… Nous sommes donc dans cet état d’esprit de sérénité qui fait que nous sommes totalement bien, même Boumbo, notre petite automobile nous donne entière satisfaction… Jusqu’à ce qu’arrêtées à la barrière d’un péage au milieu de nulle-part, pratiquant mon « buenas dias » et mon « gracias », nous entendons un gros « boum » à l’arrière concomitant à un choc qui nous fait avancer Katell et moi – limite, nous mangeons le pare-brise, ainsi que Boumbo…. Là, ni une ni deux, je dis au gars du péage de prendre en note la plaque d’immatriculation

de la voiture à l’arrière qui vient de nous percuter,

je vois arriver un militaire, assez effrayant avec sa mitraillette, et 50 000 choses passent dans mon esprit : non seulement, je ne veux pas avoir de problèmes avec l’agence de location, ni bousiller nos vacances, mais en plus, je ne souhaite pas trop avoir à faire avec la police, l’armée ou toute autorité locale…, et puis je trouve la circonstance tellement bête, que je suis soupçonneuse et méfiante, mon esprit me crie « sois prudente ». Je ne sais pas comment cela fonctionne trop au Mexique, mais en 5 secondes, j’explique tout cela, en espagnol, au monsieur du péage, il me dit qu’il y a des constats dans le bureau sur le côté, je lui dis que je ne bougerai pas ma voiture tant que je n’ai pas l’assurance que l’autre ne va pas fuir…

Nous n’avons pas encore regardé l’arrière de la voiture – je n’ose imaginer vu l’importance du choc… Et là, c’est le miracle, rien du tout, pas une égratignure sur la carrosserie, nous nous mettons tous à rire, le militaire,

le gars du péage, le « chauffard », Katell et moi… Boumbo est tellement minuscule que le bruit a été beaucoup plus impressionnant et puis, comme je n’avais pas le frein à main, le mouvement de la voiture a permis d’absorber le choc… enfin, peu importe, tout finit bien, je souris, jusqu’à ce que je croise le regard du « coupable » qui a l’air tout penaud, et lui dise, c’est bon, mais fais attention quand même !! Autant vous dire que Katell et moi étions bien soulagées dans les kilomètres qui ont suivi, peu avant d’arriver à Xalapa.
Xalapa est la capitale de l’Etat de Veracruz, fondée par les Totonaques, on peut dire également Jalapa, et c’est de là que vient le piment jalapeno… La ville est très belle, construite sur une montagne, les monuments sont en bien meilleurs états que ceux de Veracruz, et la ville grouille d’activité.

A chaque recoin, il y a de jolis endroits à découvrir, et la ville est très agréable pour s’y promener et découvrir, excepté que la circulation automobile est telle que le bruit des moteurs et klaxons, sans parler de la polution, montent à la tête au bout d’un moment. Nous avons pris un bus touristique qui nous a permis d’avoir un aperçu de la ville dans son ensemble, notamment de son campus universitaire, vraiment impressionnant, l’Université de la ville étant la 4ème plus importante du Mexique. La place centrale, avec la cathédrale, est magnifique, et les gens sont toujours souriants et agréables, rajoutés à cela les joueurs de marimba, et tout est parfait !

Nous y passerons 4 heures, après cela nous avons à peu près 250 km à faire pour rejoindre Tuxpan que nous ferons en… 6 heures !!!

Elle voulait en voir du paysage différent la petite Fred, et bien le voilà, nous avons une carte, mais elle n’indique pas les reliefs, du coup, quand nous décidons de couper à travers la campagne, nous allons très vite réaliser que nous monterons et descendrons deux ou trois cols de montagne! C’est un régal et la vue est à chaque détour absolument ahurissante… Au hasard du chemin, nous nous arrêterons dans la charmante ville de
Naolinco, qui doit être une sorte de capitale du cuir et des santiags – il n’y avait que des magasins de chaussures, l’église et la place centrales son magnifiques !

Après cela, nous allons monter, tourner, virer, crapahuter, cahoter, descendre, remonter, redescendre, souvent, la route de bitume, se transforme en route de terre, j’évite les cailloux, et pierre, parfois petits, parfois gros,

tombés de la montagne sur notre chemin… La végétation évolue tout au long de notre voyage, des plaines, puis des forêts denses du type tropical avec des fougères et des plantes géantes, du vert à perte de vue, et ensuite, les champs de bananiers quand nous redescendons vers la côte. Nous nous arrêtons pour acheter des bananes à l’entrée d’un des villages que nous traversons et apprécions ces moments avec bonheur !

Après 4 heures à ce régime, nous commençons toutefois à avoir hâte d’atteindre notre hôtel à Tuxpan, je ne sais pas combien de ralentisseurs nous avons passé, le nombre de panneaux où j’ai lu « zona des topes », mais il y en avait !! L’Etat de Veracruz est effectivement

réputé pour ses « topes » (ralentisseurs), et il vaut mieux bien ralentir, car ils sont tellement hauts, que c’est un coup à y laisser le pot d’échappement !!
Nous arrivons sur l’autoroute à la tombée de la nuit, à la jonction de la ville La Guadalupe, il nous reste bien 2 heures de route, et nous découvrons une autre espèce de danger, la conduite de nuit !!! A éviter absolument : non seulement, ils conduisent extrêmement vite, mais en plus, la pratique est que quand quelqu’un arrive derrière une voiture et qu’un autre véhicule arrive en face, la voiture de l’avant doit s’écarter sur le côté droit pour se laisser doubler, sur la bande d’arrêt, quoi… Le truc, c’est que souvent, il y a des personnes à pied, à vélo ou à cheval sur le côté… Hum ! Pas mécontentes d’arriver saines et sauves à Tuxpan au final !! Nous referons de la route le dimanche pour revenir sur Mexico et visiter la ville, mais ceci fera l’objet du dernier récit sur ces superbes vacances mexicaines !!
