vendredi 31 août 2007

Des excès

Dernier jour avant le retour vers Montréal, nous sommes tous invités à déjeuner (diner pour les québécois) chez Jackye, une amie de ma mère. Cette dernière lui avait répété a mon arrivée mon souhait de profiter au mieux de mon séjour en France pour manger le maximum de spécialités du Sud-ouest. Effectivement, la gastronomie et les plaisirs de la table n’étant pas la spécialité du Canada, et c’est peu de le dire(!), j’avais, à dessein, annoncé la couleur avant d’arriver… Et j’allais être servie !!

Le temps capricieux de ce jour-la laissait planer un doute sur la possibilité à manger dehors, et commençant l’apéritif dans le jardin, à la suite de la première averse, nous avons tout déplacé en urgence sous le store banne… Apres la pluie vient le beau temps.

Maman et Pierre m’avaient averti que Jackye est un vrai cordon bleu. Pour sur, je ne vais pas être déçue : rendue chez elle a 12h30, j’en repartirais a 18h45, - et encore parce que mon cousin et sa femme arrivent a la maison – et tout ce temps la a table… Un peu long certes, mais habituel pour un grand repas et tellement bon ! Nous serons 11 à table. Elle a préparé un repas dont je me souviendrai a jamais : après un apéritif a la soupe de champagne, en entrée foie gras de canard en terrine parfumé a l’armagnac et au floc de Gascogne accompagné d’un petit pain aux figues et un vin blanc fameux « Domaine du Tariquet » (http://www.tariquet.com/) . Ca commence fort, très très fort… Le tout suivi de magrets séchés maison … à mourir !!! Je commets le péché de laisser la partie grasse sur le coté et j’entends le classique « tu laisses le meilleur ! » et je réplique comme d’habitude « J’aime pas, j’aime pas ! », ce sont toujours les mêmes qui disent ca et qui vont aller couper un vin rouge grand cru avec de l’eau… Pour moi, la la, c’est un sacrilège ! Mais c’est ca la campagne !
Une salade au saumon pour tasser le tout et arrive le trou normand (sorbet de pomme et Calva), concurrent du trou gascon, mais ca passe aussi bien ! Il est 15h30, je suis a l’aise, tout va bien !
La dessus, on commence le rouge, Saint Emilion, sans commentaires… pendant que les magrets sont entrain de cuire en papillote sur le barbecue… absolument novatrice, cette méthode de cuisson que je ne connaissais pas pour le magret de canard, permet de conserver plus de jus a la cuisson des viandes et le résultat est très réussi, accompagné d’haricots vert, c’est le moment « santé » du repas… Il ne sera pas ben ben long ! Salade verte et fromages, des bons vrais fromages : camembert, brie, vache, brebis, chèvre… Excellent… Il est 5h30 pm… L’heure du dessert ( !) : la croustade aux pommes, autre spécialité gasconne, les pommes sont savamment arrangées au travers des morceaux de pate feuilletée, le tout étant copieusement arrosé d’armagnac… Là-dessus un café et un petit digestif et on arrive a 6h… C’est fou comme ca passe le temps ! Nos amis campeurs n’en reviennent pas non plus, je pense, c’est un repas exceptionnel…

Tony fait son pitre au travers des branches du bananier… depuis quand y a des bananiers à Masseube ?? Je me suis trouvé un nouvel ami… un peu poilu et très nerveux, mais tout doux quand même sous ses airs félins, il s’appelle Cacahuète ! J’adore les chatons !

C’est pas tout, mais Stéphane et Noëlla ne vont pas tarder à arriver à la maison… pour diner (souper en québécois). Je remercie mon hôte, dis au revoir a tout le monde, je ne les verrai pas de sitôt, et fais le kilomètre qui nous sépare de la maison… en voiture… a ma décharge, c’est 1 kilomètre de nationale !

Je prends le temps de sortir Uggy et de m’occuper du gros chat de la maison, de me rafraichir un peu… Puis ils arrivent… Tellement heureuse de les voir ! Je suis proche de Stéphane, dans le sens que malgré notre vie d’adultes, nous réussissons toujours à nous consacrer du temps mutuellement et puis, c’est un des rares de ma famille (hors parents, grand-parents et mon frère) dont j’ai régulièrement des nouvelles depuis que je suis a Montréal. Je leur offre a tous les deux un des 5 kilos de sirop d’érable que j’avais acheté spécialement pour mon retour… Je comprends pas pourquoi j’ai du supplément de bagages ?!?!!!!

J’avais la veille demandé à Pierre, le super cuisto de la maison, s’il voulait bien nous préparer un confit de canard comme c’était la seule chose que je n’avais pas mangé au cours de mon séjour… Innocente que j’étais ! J’ignorais comment je ressortirais du repas de chez Jackye ! Maman et Pierre ayant déclaré forfait, et renonçant a souper, je me voyais mal dire a mon cousin et sa femme « Bon ben, c’est gentil d’être venus nous voir, on prendra pas d’chance, hein, voici ce qu’on vous a préparé a manger… nous on jeune !! »… Au menu donc, confit et pommes de terre poêlées, cuites dans la graisse d’oie… Vraiment, un délice… malgré mon manque d’appétit, j’ai tout de même apprécié… ainsi que la superbe tarte aux fraises qu’ils avaient amenée pour le dessert… Pierre et maman nous accompagnent… avec un verre de badoit… Hihihi !
Comme a chaque fois que je retrouve mon cousin, c’est rigolades, nostalgies et câlins assurés ! J’adore… La soirée passe définitivement trop vite et ils doivent rentrer… Une fois qu’ils sont partis, je prends un comprimé de citrate de bétaine, idéal pour l’occasion, et vais jusqu'à ma chambre… en roulant ! J’ai du prendre 15 kilos au moins rien que sur la journée !!!

mercredi 29 août 2007

Visites en Gascogne

Quand on considère ce que j’ai fait pendant mes quelques jours en France, on pourrait croire que j’y suis restée un mois ! Mais non ! C’est juste que j’ai la chance d’être originaire d’une région magnifique qui bénéficie de plusieurs atouts à proximité : mer, campagne, montagne, patrimoine culturel et historique, tourisme.
Beau temps ou mauvais temps, on a toujours de quoi s’occuper. Ainsi, alors que la météo est au gris, nous décidons avec ma mère et Luc de partir à Auch. Je souhaite regarder la capitale gasconne d’un nouvel œil et visiter la Cathédrale dans laquelle je ne suis jamais entrée avant… La honte !!

Auch (www.auch-tourisme.com) , la préfecture du Gers, c'est-à-dire, la plus importante ville du département : 20.000 habitants ! Je ne peux pas dire que ce soit la ville la plus dynamique que je connaisse, mais j’y ai passé des très bons moments a une époque ou c’était mon point de chute du week-end, en 2000… encore étudiante, j’avais trouvé des endroits sympathiques pour sortir avec mon cousin Cyrille. Et j’ai toujours beaucoup de plaisir à y revenir et à m’y promener.
Nous nous garons donc dans la haute-ville, sur la place de la Mairie appelée place de la Libération, en face d’un restaurant fameux, « Le Daroles ». Non loin de la, la place de la Cathédrale… ne me demandez surtout pas pourquoi une caravane stationne devant sur la photo, je n’en ai aucune idée, c’est bizarre… Va savoir !

L’intérieur est beau et clair pour une cathédrale, et je suis dans un état de contemplation respectueuse quand Maman et Luc sont pris d’un fou-rire : ce dernier propose, a l’occasion de son anniversaire, d’y amener sa grand-mère afin de lui faire souffler tous les cierges de l’église. Ben voyons donc !

Une fois sortis, nous prenons la rue Dessoles, rue piétonne d’Auch qui part du haut de la ville permettant de rejoindre la basse ville et dans laquelle nous trouvons petites boutiques, et bars ou restaurants fancy (branchés) tels que « La Bodéga » ou « La Gargagnole ».
Plutôt que de rejoindre la basse ville, et d’aller faire les magasins comme nous ferions habituellement, nous bifurquons et descendons au hasard des rues de la vieille ville jusqu’au bord du Gers… En voyant la couleur de l’eau, j’ai beaucoup moins envie de me jeter dedans que dans les rios espagnols… Nous nous retrouvons au pied des escaliers, 223 marches. A mi-parcours, nous croisons la statue du plus célèbre des gascons : D’Artagnan… Hélas, le pauvre, comme l’escalier n’a pas échappé a l’usure du temps, et il est, en outre, affublé d’un tag (que j’essaie tant bien que mal de cacher avec ma tête sur la photo)… Quel dommage ! Retour sur la Place centrale, au début de la rue Dessoles ou nous allons manger une crêpe. Depuis quand fait-on la queue pour s’assoir en terrasse a Auch ? Tout se perd ma P’tite Dame !!!
Auch, c’est très petit et on en a vite fait le tour, heureusement, car le soir-même, on a un apéro… encore !!
Nous reviendrons y manger un soir avec Luc, au « Bartok », un bon repas du sud-ouest… salade gasconne et magret aux fèves sont à recommander. Au départ, je voulais lui proposer « Le Corto Maltese », mais le restaurant a été remplacé, signe des temps…

La vie est douce en vacances, bercée également aux rythmes des baignades à la piscine municipale de Masseube, des cafés sous les vérandas, des petits vins sous les tonnelles, et des discussions au coucher du soleil… J’ai déjà un gout de pas assez et de « j’en veux encore »…



Le samedi, je vois ma tante Christiane, son mari et mes petits cousins, Marie et Jonathan, chez eux dans un petit village. Elle essayait désespérément depuis 10 mois de m’envoyer des textos sur mon téléphone que j’ai hélas résilié en m’envolant pour le Québec… Malentendu vite réparé, je suis heureuse de voir ma famille… Christiane me fera pleurer au moment de lui dire au revoir, elle-même se laissant débordée par ses émotions ! Elle a toujours le chic pour me faire cet effet la !! Hihihi !
































Le soir, je me fais invitée par Carole, Caroline et Monique, mes parents étant de noces. Ils passent juste pour nous faire un petit coucou, le temps de faire une photo ou nous serons tous pliés de rire car, en lançant le minuteur de mon appareil-photo, je me suis jetée au pied du fauteuil et , même si ca n’apparait pas sur le cliché, ma jambe est littéralement encastrée dans la table basse ! Petit repas sympa préparé par Carole et son magnifique barbecue (!) : gambas, calamars, et poivrons a la plancha, nous nous sommes régalées. Rendez-vous est pris : Carole et Caroline devraient venir me visiter a Montréal cet hiver… reste juste à convaincre Carole que l’avion est l’un des moyens de transport le plus sur au monde… C’est pas gagné la !!

C’est la fin des vacances, Luc repart a Lyon - c’était cool de le rencontrer et de partager des moments ensemble, je dis au revoir a tout le monde…

Dimanche sera mon dernier jour sur place…

lundi 27 août 2007

Espana, mi Corazon !!

Finalement, lors de mon séjour dans le Gers, je vais tout de même aller rendre une petite visite à l’Espagne, notre proche voisin… Luc, le petit-fils de nos amis campeurs, rencontré le dimanche à la fête du cheval, m’a proposé de l’accompagner : il souhaite partir acheter des cigarettes et quelques bouteilles d’alcool.
C’est une sorte de pèlerinage obligatoire, ici, de profiter de la proximité de l’Espagne pour réaliser quelques économies : par exemple, le prix de la cartouche de cigarette est divisé par deux… Je ne crois pas en revanche, que l’opération soit rentable si l’on respecte les quotas imposés… en tout cas, ca fait une agréable ballade.

Ce jour-la, le soleil est de sortie et nous promet de très fortes températures. Avant de partir, je retrouve ma mère, devant son stand, comme chaque année, a la même date… Je m’explique, le 15 aout, c’est le vide grenier de Masseube et elle prépare cela avec beaucoup de sérieux. Elle s’est installée a 7H30 le matin, alors que j’étais encore très loin dans mes rêves, et elle y reste jusqu’au soir, vers 18h… Et on ne rigole pas avec le vide-grenier (!!!) surtout ne pas émettre l’idée qu’on a envie de se séparer de tel ou tel objet : c’est un coup à se le retrouver en vente… a Masseube, le 15 aout… Elle est toute fière avec son chapeau… elle l’aura enlevé juste avant la photo, après mes commentaires sur l’objet… Hum ! J’y suis à 9h45 et il y a déjà beaucoup de monde. En passant, Arlette vient nous rejoindre pour discuter cinq minutes, c’est une amie de ma mère, dont le fils Cédric, est arrivé fin juin à Montréal. Lui, je l’ai rencontré pour un verre, un vendredi soir début juillet, et depuis, nous communiquons de temps en temps par mails et téléphone ayant tous les deux des plannings très chargés…

Je laisse ma mère a ses occupations et traverse le village pour rejoindre le camping, j’en profite pour faire quelques photos…



Apres un petit café sous le barnum - ca me fait bizarre : habituellement c’est l’apéro que je bois là-dessous, pas le café !!- nous partons direction Lannemezan et puis l’Espagne… Tout d’abord, nous devons décider ou nous irons en Espagne : Bossost ou Bielsa. La différence est simple : on atteint Bossost en Catalogne, par la vallée de Luchon et le Val d’Aran, c’est un énorme complexe de magasins qui répond à tous les besoins alimentaires et d’approvisionnement, et ce n’est qu’a une heure et demi de Masseube ; pour Bielsa dans l’Aragon, on passe par la vallée de la Neste (Arreau, Saint Lary-Soulan), a proximité des grands lacs et le tunnel de Bielsa, c’est un peu plus long, mais le paysage est magnifique, c’est le chemin que j’emprunte quand je vais en Castillon voir ma grand-mère, je ne m’en lasse pas et Bielsa est un petit village typique. Voila exactement la présentation que j’ai faite à Luc, pas difficile de comprendre ou va ma préférence…
Nous choisissons donc Bielsa. YES !!! J’émets quelques réserves toutefois, sur le nombre de magasins que nous pouvons trouver, la dernière fois que je suis allée dans le centre du village, je devais avoir 12 ans, et du coup, j’ai peur que cela ait changé par rapport a mon imagination…

Je suis tellement heureuse de prendre cette route, je la connais par cœur, et faire un passage en Espagne, même court, me fait très plaisir… Le paysage de la montagne par cette vallée est hallucinant, que ce soit du coté français ou espagnol, d’autant que nous longeons tout au long du périple de jolis cours d’eau. Ce qui est le plus surprenant, c’est que lorsqu’il fait mauvais en France, il suffit parfois de traverser le tunnel de Bielsa pour trouver le beau temps… Ce ne sera pas nécessaire ce jour-la, il fait un temps magnifique.
Une fois le sommet atteint, et le tunnel traversé, nous nous retrouvons dans la vallée aragonaise du Sobrarbe, d’une beauté exceptionnelle, et nous redescendons… Nous longeons des rios (rivières) aux couleurs invraisemblables qui donnent envie de plonger dedans, les eaux sont limpides.

Apres 2 heures de route, nous atteignons Bielsa, et effectivement, c’est plus petit que dans mon souvenir, il y a bien des magasins, mais pas beaucoup de choix… en revanche, je ne regrette pas d’être revenue dans ce petit village médiéval pittoresque avec ces charmantes ruelles… Je propose a Luc, de continuer a descendre vers la prochaine ville que je sais plus importante pour m’y arrêter souvent, Ainsa, elle est a 40 km…

Je pense que je ne me lasserai jamais de cette traversée de l’Aragon, j’y venais souvent petite avec ma famille a l’époque ou mes parents étaient encore mariés, nous campions a la sauvage, des week-ends durant, nous baignant dans les rios et nous gavant de charcuteries et de nougats espagnols… Nous avions essuyé un orage de montagne des plus impressionnants ou le bruit des éclairs qui claquent se répercute et s’amplifie dans les roches de la montagne… Bon ok, j’avais 12 ans, peut-être que j’exagère !!

Nous arrivons a Ainsa vers 13h, il fait 32 degrés a l’extérieur, je suis soulagée de voir qu’il y a bien des magasins… Ouf !! Nous allons commencer par trouver un restaurant... Je teste mon niveau d’espagnol et demande une table, le serveur m‘explique qu’il y a de l’attente, que nous pouvons lui donner un nom et il nous appelle dans 10-15 minutes…. Ouah ! J’ai compris tout ca ! Il est vrai… mon grand regret est de ne pas avoir appris l’espagnol petite, les meilleures classes étant celles ou on étudiait l’allemand… Bouh ! Mais je me débrouille !

Repas sous une petite tonnelle – bon et pas cher et tout compris, j’aime tant l’Espagne !!, il fait bon en vacances ! Luc et moi discutons de tout et de rien, il apprécie ses vacances également, il est parti de Lyon au dernier moment ne sachant pas qu’il aurait des jours de congés, donc c’est tout bénef !

C’est pas tout mais faut pas trainer quand même : y a apéro au camping le soir-même… Nous trouvons notre bonheur dans les magasins… et repartons en sens inverse… même si j’ai mal au cœur de ne pas aller plus loin, voir les lacs plus bas et les champs d’oliviers… Je reviendrai.
Nous décidons de nous arrêter pour photographier un minimum et surtout pour aller gouter l’eau qui nous fait de l’œil depuis que nous avons passé la frontière.
Nous garons la voiture sur le coté, trouvons un sentier et un coin idéal, une station de mesure de l’eau, nous avons même un escalier pour descendre jusqu’au bord, il y a un trou d’eau superbe… et quelques pierres pour se reposer… L’eau est fraiche, mais il fait tellement chaud, que c’est super agréable, et ce qui devait arriver arriva : Luc a glissé sur de la mousse et a fini tout détrempé… Pour ma part, jalouse, il n’y a pas de raison que lui ait le droit de se baigner et pas moi !!, je plonge a mon tour, toute habillée ! C’est frais, mais ca fait du bien, l’eau est trop belle !

Au loin, on aperçoit des touristes qui comme nous ont été attirés par les bords de la rivière, mais qui timidement n’osent pas tremper plus que leurs chevilles… Ils nous regardent ébahis… c’est drôle, nous les retrouverons après, a la station essence et nous aurons tous des regards et sourires complices…

Nous tentons de sécher un peu avant de repartir… c’est peine perdue… Nous arriverons finalement une heure en retard à l’apéro… Pas grave, l’avantage des apéros, c’est que c’est fait pour durer !!