

Finalement, lors de mon séjour dans le Gers, je vais tout de même aller rendre une petite visite à l’Espagne, notre proche voisin… Luc, le petit-fils de nos amis campeurs, rencontré le dimanche à la fête du cheval, m’a proposé de l’accompagner : il souhaite partir acheter des cigarettes et quelques bouteilles d’alcool.
C’est une sorte de pèlerinage obligatoire, ici, de profiter de la proximité de l’Espagne pour réaliser quelques économies : par exemple, le prix de la cartouche de cigarette est divisé par deux… Je ne crois pas en revanche, que l’opération soit rentable si l’on respecte les quotas imposés… en tout cas, ca fait une agréable ballade.

Ce jour-la, le soleil est de sortie et nous promet de très fortes températures. Avant de partir, je retrouve ma mère, devant son stand, comme chaque année, a la même date… Je m’explique, le 15 aout, c’est le vide grenier de Masseube et elle prépare cela avec beaucoup de sérieux. Elle s’est installée a 7H30 le matin, alors que j’étais encore très loin dans mes rêves, et elle y reste jusqu’au soir, vers 18h… Et on ne rigole pas avec le vide-grenier (!!!) surtout ne pas émettre l’idée qu’on a envie de se séparer de tel ou tel objet : c’est un coup à se le retrouver en vente… a Masseube, le 15 aout… Elle est toute fière avec son chapeau… elle l’aura enlevé juste avant la photo, après mes commentaires sur l’objet… Hum ! J’y suis à 9h45 et il y a déjà beaucoup de monde. En passant, Arlette vient nous rejoindre pour discuter cinq minutes, c’est une amie de ma mère, dont le fils Cédric, est arrivé fin juin à Montréal. Lui, je l’ai rencontré pour un verre, un vendredi soir début juillet, et depuis, nous communiquons de temps en temps par mails et téléphone ayant tous les deux des plannings très chargés…
Je laisse ma mère a ses occupations et traverse le village pour rejoindre le camping, j’en profite pour faire quelques photos…



Apres un petit café sous le barnum - ca me fait bizarre : habituellement c’est l’apéro que je bois là-dessous, pas le café !!- nous partons direction Lannemezan et puis l’Espagne… Tout d’abord, nous devons décider ou nous irons en Espagne : Bossost ou Bielsa. La différence est simple : on atteint Bossost en Catalogne, par la vallée de Luchon et le Val d’Aran, c’est un énorme complexe de magasins qui répond à tous les besoins alimentaires et d’approvisionnement, et ce n’est qu’a une heure et demi de Masseube ; pour Bielsa dans l’Aragon, on passe par la vallée de la Neste (Arreau, Saint Lary-Soulan), a proximité des grands lacs et le tunnel de Bielsa, c’est un peu plus long, mais le paysage est magnifique,
c’est le chemin que j’emprunte quand je vais en Castillon voir ma grand-mère, je ne m’en lasse pas et Bielsa est un petit village typique. Voila exactement la présentation que j’ai faite à Luc, pas difficile de comprendre ou va ma préférence…
Nous choisissons donc Bielsa. YES !!! J’émets quelques réserves toutefois, sur le nombre de magasins que nous pouvons trouver, la dernière fois que je suis allée dans le centre du village, je devais avoir 12 ans, et du coup, j’ai peur que cela ait changé par rapport a mon imagination…
Je suis tellement heureuse de prendre cette route, je la connais par cœur, et faire un passage en Espagne, même court, me fait très plaisir… Le paysage de la montagne par cette vallée est hallucinant, que ce soit du coté français ou espagnol, d’autant que nous longeons tout au long du périple de jolis cours d’eau. Ce qui est le plus surprenant, c’est que lorsqu’il fait mauvais en France, il suffit parfois de traverser le tunnel de Bielsa pour trouver le beau temps… Ce ne sera pas nécessaire ce jour-la, il fait un temps magnifique.
Une fois le sommet atteint, et le tunnel traversé, nous nous retrouvons dans la vallée aragonaise du Sobrarbe, d’une beauté exceptionnelle, et nous redescendons… Nous longeons des rios (rivières) aux couleurs invraisemblables qui donnent envie de plonger dedans, les eaux sont limpides.
Apres 2 heures de route, nous atteignons Bielsa, et effectivement, c’est plus petit que dans mon souvenir, il y a bien des magasins, mais pas beaucoup de choix… en revanche, je ne regrette pas d’être revenue dans ce petit village médiéval pittoresque avec ces charmantes ruelles… Je propose a Luc, de continuer a descendre vers la prochaine ville que je sais plus importante pour m’y arrêter souvent, Ainsa, elle est a 40 km…
Je pense que je ne me lasserai jamais de cette traversée de l’Aragon, j’y venais souvent petite avec ma famille a l’époque ou mes parents étaient encore mariés, nous campions a la sauvage, des week-ends durant, nous baignant dans les rios et nous gavant de charcuteries et de nougats espagnols… Nous avions essuyé un orage de montagne des plus impressionnants ou le bruit des éclairs qui claquent se répercute et s’amplifie dans les roches de la montagne… Bon ok, j’avais 12 ans, peut-être que j’exagère !!
Nous arrivons a Ainsa vers 13h, il fait 32 degrés a l’extérieur, je suis soulagée de voir qu’il y a bien des magasins… Ouf !! Nous allons commencer par trouver un restaurant... Je teste mon niveau d’espagnol et demande une table, le serveur m‘explique qu’il y a de l’attente, que nous pouvons lui donner un nom et il nous appelle dans 10-15 minutes…. Ouah ! J’ai compris tout ca ! Il est vrai… mon grand regret est de ne pas avoir appris l’espagnol petite, les meilleures classes étant celles ou on étudiait l’allemand… Bouh ! Mais je me débrouille !
Repas sous une petite tonnelle – bon et pas cher et tout compris, j’aime tant l’Espagne !!, il fait bon en vacances ! Luc et moi discutons de tout et de rien, il apprécie ses vacances également, il est parti de Lyon au dernier moment ne sachant pas qu’il aurait des jours de congés, donc c’est tout bénef !
C’est pas tout mais faut pas trainer quand même : y a apéro au camping le soir-même… Nous trouvons notre bonheur dans les magasins… et repartons en sens inverse… même si j’ai mal au cœur de ne pas aller plus loin, voir les lacs plus bas et les champs d’oliviers… Je reviendrai.

Nous décidons de nous arrêter pour photographier un minimum et surtout pour aller gouter l’eau qui nous fait de l’œil depuis que nous avons passé la frontière.
Nous garons la voiture sur le coté, trouvons un sentier et un coin idéal, une station de mesure de l’eau, nous avons même un escalier pour descendre jusqu’au bord, il y a un trou d’eau superbe… et quelques pierres pour se reposer… L’eau est fraiche, mais il fait tellement chaud, que c’est super agréable, et ce qui devait arriver arriva : Luc a glissé sur de la mousse et a fini tout détrempé… Pour ma part, jalouse, il n’y a pas de raison que lui ait le droit de se baigner et pas moi !!, je plonge a mon tour, toute habillée ! C’est frais, mais ca fait du bien, l’eau est trop belle !



Au loin, on aperçoit des touristes qui comme nous ont été attirés par les bords de la rivière, mais qui timidement n’osent pas tremper plus que leurs chevilles… Ils nous regardent ébahis… c’est drôle, nous les retrouverons après, a la station essence et nous aurons tous des regards et sourires complices…
Nous tentons de sécher un peu avant de repartir… c’est peine perdue… Nous arriverons finalement une heure en retard à l’apéro… Pas grave, l’avantage des apéros, c’est que c’est fait pour durer !!