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mardi 8 janvier 2008

De retour à Montréal, enfin !!!

Au moment, où j’ai commencé cet article, je me trouvais confortablement assise dans la salle d’embarquement de l’aéroport de San Francisco… Il était 11ham dimanche, Véronique et David m’avaient déposé une demi-heure avant. J’avais passé la sécurité, non pas sans surprise, je m’explique, j’avais quatre « S » signalés sur mon billet, ce qui signifie vraisemblablement que je dois être considérée comme très risquée puisque j’ai eu droit à un traitement différent des autres : mise à part des gens, mes sacs ont été complètement fouillés, et je suis passée dans une espèce de détecteur bizarroïde qui souffle des jets d’air, les autres passagers m’observant tous comme si j’avais été prise en faute… Ce n’est pas tant les mesures prises qui sont impressionnantes, mais l’allure des agents de sécurité qui sont vraiment effrayants : je n’avais rien fait et je me sentais déjà coupable…
Peu importe, c’était oublié, et dans mon blog, je racontais comment bonnes avaient étaient mes vacances, malgré le temps des 3 derniers jours…
Effectivement, il y avait quelque chose de comique à se trouver en Californie et de vivre les pires tempêtes de vent et de pluie qu’avait connues l’Etat depuis bien longtemps… Même les journaux télévisés en France avaient relaté les intempéries et réussi à inquiéter ma mère…
Ça me rappelait la Corse, car à chaque fois que j’allais voir mon père, il y avait bien deux chances sur trois pour qu’il pleuve…. Mais j’étais philosophe : j’avais pris le risque en venant à cette période de rencontrer du mauvais temps, ensuite, j’en avais bien profité dans les premiers jours de beaux temps, et enfin, j’avais passé de très bons moments avec mon couple d’amis. J’étais contente de retrouver mon chez-moi, mon chat et ma vie sympathique. L’espace d’un instant la veille, nous avions redouté que le vol ne parte pas, à cause des vents, et nous avions parlé de ces histoires rocambolesques où les gens restent coincés dans les aéroports… mais, le temps de ce dimanche matin était plus calme, et les vols maintenus… Je ne me doutais pas…

L’embarquement se fait dans les temps pour le vol vers Detroit (Michigan), où je dois prendre une correspondance pour Montréal. J’ai le siège 42 et je réalise en longeant l’allée qu’il s’agit de la dernière rangée, plus loin, et je ne pourrais être assise que dans les toilettes ! Je rencontre mes deux voisines, une jeune maman enceinte et sa petite, adorable, de 3 ans… avec qui je fais très vite connaissance… Et là, nous attendons le décollage…pendant une heure et quart… Le commandant annonce que nous n’arriverons à Detroit qu’à 9pm, sachant que mon vol pour Montréal doit décoller à 9.13pm, je commence déjà à m’inquiéter… Le stress, tout le long du vol, je n’ai plus cœur à discuter, je regarde juste les paysages enneigés, sûrement le résultat du temps de ces derniers jours, je cherche à m’enquérir auprès des hôtesses qui, dès qu’il y a le moindre souci, sont là pour essayer de tourner autour du pot et être de moins en moins agréables… Finalement, nous arrivons à 8.54pm, et je crois encore qu’en courant très vite, je peux rattraper la porte d’embarquement de Montréal. Même si les passagers arrivés à destination laissent passer ceux qui ont une correspondance, je pars de très loin !
Et puis je cours, mais je ne sais si vous connaissez l’aéroport de Detroit, il est gigantesque, c’est pas un sprint que je fais, mais une course de fond, seuls les tapis roulant sont là pour m’aider, mais je suis à l’opposé de la porte, et les allées sont longues… En cours de route, je réalise que mon sac à dos s’est ouvert, je dois m’arrêter, ce faisant, je fais tomber mon passeport et mon visa – ma petite carte verte – pour les US, je ramasse le tout et repars, haletante et hors de moi.
J’aperçois au loin le comptoir que je souhaite atteindre avec des gens devant, je finis de courir, et ai du mal à ne pas être impolie et passer devant tout le monde, afin de savoir… Puis je comprends, il est trop tard, le vol est parti…. Et là, je rencontre deux personnes qui sont dans le même cas que moi, notre rodéo commence, d’abord, on nous propose un prochain vol… le lendemain à 5pm ! No way ! J’ai une réunion a 8.30am que je n’ai pas envie de manquer… Je me bats comme une lionne, en anglais. Mais les agents de comptoirs doivent avoir une formation spéciale pour être soit désagréables, soit inutiles, soit trop gentils et tout de même inutiles… Toutefois, nous avons tous les trois la même motivation : rentrer à la maison ; nous allons errer presque 2 heures dans la salle d’embarquement passant d’un comptoir Northwest Airlines à un autre, glanant des informations et essayant de négocier… Impossible, nous devons passer la nuit sur place, à nos frais, bien entendu – soit disant que notre mésaventure est seulement due aux intempéries… Bref, l’horreur !
Nous devons sortir de l’aéroport, et au moment de passer la sécurité dans l’autre sens, je réalise que j’ai perdu mon visa, cette petite carte verte dont j’ai besoin pour les US, je ne connais pas bien les conséquences, mais, le stress et la fatigue aidant, me rappelant de l’humiliation du contrôle de sécurité, je craque au moment de sortir : je demande au gardien ce que je risque si je sors et que je n’ai pas le papier, il ne sait pas, bien entendu ! Et là, je pleure… Je suis bloquée et ne veux pas sortir. Céline vient vers moi et très gentiment me dit d’attendre là, le temps qu’elle et Luc s’assurent que dormir à Detroit est notre seule solution….

Je suis comme une malheureuse derrière les plexiglas de la sécurité et j’attends… Un autre gardien arrive pour prendre la relève de l’autre qui ne fait pas cas de moi et n’explique rien à mon sujet… Mais ce dernier est intrigué et commence à me poser des questions, et puis là, nous avons une conversation agréable… Alléluia, enfin, une personne qui sait faire preuve d’humanité dans l’aéroport… Nous n’en rencontrerons pas beaucoup au cours du voyage ! Il me félicite sur mon anglais et me demande où j’ai appris. Il m’explique aussi que la perte du petit carton vert ne me posera de problème qu’une fois à la douane… D’ici là, je serai arrivée à Montréal, j’aurai le temps de voir venir. Luc et Céline viennent me rechercher, et nous partons aux réclamations de bagages, où une agente nous dit que nos valises nous suivront demain – notre itinéraire Detroit-Cleveland, Cleveland-Montréal-, en attendant, elle nous fournit un kit de toilettes… Super !!

Un petit voyage en navette et nous nous retrouvons au Day’s Inn de l’aéroport… 3 heures après notre atterrissage… La cuisine est quasiment fermée, restent seulement des plats frits bien gras… Beurk ! Au secours…
Je dormirais très peu, j’ai trop peur de louper l’heure du réveil… Je retrouve Céline et Luc ainsi que mon petit visa (Youpi !), et nous repartons à l’aéroport. Le passage à la sécurité est pire qu’à San Francisco, mes compères de voyage observent incrédules, Luc me demandera juste après : « Ton prénom, c’est pas vraiment Frédérique, et ta boîte juste une couverture, n’est-ce pas ? ». Nous rions, malgré tout !
Le vol Detroit-Cleveland dure 25 minutes… Dans un ridicule petit avion Saab à hélice, Luc aura une réflexion juste : « J’ignorais que Saab faisait des avions ! ». En cours de voyage, nous discutons, et nous faisons connaissance tous les trois. J’apprends des choses très intéressantes sur le Québec.
Et je me retrouve dans l’Ohio, à Cleveland – depuis le temps que je chante la chanson d’Isabelle Adjani !!- pour une heure… Et enfin, nous rentrons dans l’avion pour Montréal… Nous partons en avance, le commandant veut profiter d’une fenêtre de temps clément pour atterrir sur Montréal… Je passe un bon vol et j’admire la mer de nuage que nous survolons… Et puis nous approchons de notre point d’arrivée, nous comprenons que le temps est mauvais et brumeux, mais l’avion se positionne pour atterrir… aucune visibilité jusqu’à ce qu’on se trouve à une centaine de mètres de la piste et qu’on commence à apercevoir les habitations d’un peu trop près d’ailleurs… Et au moment, où l’on croit que l’on va enfin arriver, le pilote remet les gazes et repart… Le temps est trop mauvais, nous allons nous poser à l’heure prévue mais à Burlington dans le Vermont aux Etats-Unis, à une heure et demi de Montréal en voiture, dix minutes en avion… Encore !!

Un cauchemar, je vis un cauchemar ! Là, le pilote nous offre deux choix : soit nous repartons avec l’avion dans les dix minutes pour Cleveland, soit nous descendons de l’avion et nous rentrons à Montréal par bus ou voiture de location, à nos frais bien sûr !!

C’en est assez, nous prenons l’option de rentrer par la route, et bien sûr pas de trace de nos bagages qui doivent encore se trouver dans les dédales de Detroit… On nous envoie à Montréal pour porter réclamation. Là, je dis à Luc et Céline : « Je vous aime bien, mais là là, il me tarde le moment où je ne vous verrez plus !!! », et eux pareil !
Le temps de trouver une voiture, et nous voilà partis vers 2pm, plaisantant sur le passage de la frontière avec ma condition de passager à hauts risques ! Et finalement, pas de troubles, quand nous racontons notre parcours totalement invraisemblable à l’agent de douane canadien, c’est tellement abracadabrant qu’il en est désolé pour nous, et nous laisse passer sans problème… Direction l’aéroport de Montréal, pour gérer la réclamation de nos bagages et récupérer la voiture de mes nouveaux amis… A 4pm, nous arrivons à Dorval, et nous en ressortirons à 7pm, après avoir bataillé pendant 3h, pour, premièrement, poser la plainte pour nos bagages égarés– nous apprenons qu’il aurait fallu le faire à Burlington !!, et deuxièmement, pour les dédouaner, afin qu’ils nous soient expédiés directement et d’éviter d’avoir à repasser un après-midi à l’aéroport dans le cas où ils les retrouvent !!! Le tout par téléphone avec des agents qui se trouvent à 10 mètres de là dans des bureaux où ils fuient les mécontentements de la clientèle.

Luc et Céline me ramènent à la maison, à 7.30pm… 30 heures après avoir pénétré les portes de l’aéroport de San Francisco. La seule consolation de ces deux jours, et pas des moindres, est d’avoir rencontré des gens biens et infiniment gentils. Je suis toujours dans l’attente de mes bagages, l’espoir fait vivre… J’ai l’impression de me trouver dans la peau du héros du roman de Stephen Clarke que j’ai acheté à l’aller «Merde happens» (la merde arrive), un anglais qui vit que des galères en voyage aux Etats-Unis.

Maintenant, dans le prochain article, je vais pouvoir vous raconter pourquoi j’ai aimé San Francisco…

lundi 12 novembre 2007

Comment j’ai failli me faire flusher sur Skype….

Une fois n’est pas coutume, je vais parler de mon petit cœur…une chose sur laquelle j’étais restée très discrète jusqu'à présent.
Mon blog était un passe-temps, je vais pour une fois lui donner une valeur thérapeutique… Bien sur, cet article ne comportera que peu de photos, voire pas de photo du tout, et toute ressemblance avec des personnages réels ou faits ressemblant serait une pure coïncidence… Hum…

Je l’avais laissé rentrer dans mon monde… mes secrets, mon histoire, mon intimité, mon chez-moi, il avait tenu a regarder toutes mes photos, et a connaitre mon blog. Apres a peine un peu plus d’un mois, il a tout balayé en même pas 5 minutes….
A peine plus d’un mois, mais connu il y en a 5, début juillet, il y avait des antécédents et les circonstances étaient telles que j’étais en confiance. Connu par un de mes couples d’amis, c’est moi qui avais amorcé le premier contact, il était dans une situation instable et très vite, je pensais que notre relation ne se limiterait qu’à des liens amicaux. Et puis, il m’avait recontacté à mon retour de France, fin septembre, c’était tellement inespéré, il avait fait le ménage dans sa vie et décidé de prendre un nouveau tournant. Il m’avait plu, et instantanément, j’ai répondu positivement a ses avances… confortée par l’encouragement de nos amis, mais je restais prudente, lui demandais d’être patient, il avait l’air si pressé !! Il m’avait rapidement rassuré sur les questions que je lui avais expressément posées : dois-je me protéger ? Qu’est-ce que je représente ? Une aventure, un pansement ? Rien de cela, le passé était largement consommé, disait-il…
Il me parlait d’aller skier cet hiver, d’une visite a Paris avec moi, n’arrêtait pas de répéter qu’il adorerait visiter les Pyrénées, je ne disais rien, et un jour, il a rajouté « avec toi » …

Et puis Denver, la ou il travaillait la semaine, « Rejoins-moi », par deux fois, j’avais dit non… « Je voudrais que tu m’aides à décorer mon appartement. » Comme, je n’avais pas pu le rejoindre dans le Colorado, c’est lui qui avait fait le voyage pour Montréal alors que ce n’était pas prévu au départ…
Aux mots, il ajoutait les actes, « Ca aurait fait trop long sans se voir… », et puis ce superbe week-end de la chasse aux couleurs….
M’avoir fait rentrer dans la vie de sa fille était pour moi une preuve de considération de notre relation débutante mais sur les chapeaux de roues, d’autant qu’il savait a quel point c’était quelque chose que je ne prenais pas a la légère, moi-même lui ayant raconté comment j’avais vécu ce genre de situation plus jeune.
Il me parlait de respect. J’ai beaucoup de valeurs et d’attentes, il y répondait parfaitement…
Présentation également a un des ses plus vieux couples d’amis, il parlait bien de sa blonde, j’étais sa blonde…

Skype était notre moyen de communication la semaine, des petits textes tous les jours pour les choses anodines, les petits mots sympathiques et réconfortants et les web cam, pour nos conversations en soirées, il appréciait quand je partageais son repas a distance, ou juste que nous soyons en ligne en travaillant chacun de notre coté tout en conservant le lien…

Ma prudence, mon expérience ne m’ont servi a rien, je suis une femme entière, et sincère, et j’avais rassemblé assez de confiance en lui pour me laisser aller, baisser ma garde et lui ouvrir les portes que j’avais laissées fermées pendant près de 2 ans et demi.

Et puis ce voyage d’affaires a Singapour et en Australie, je ne comprends pas trop son itinéraire, peu importe, j’ai confiance… une formalité, 15 jours d’absence qui passeraient et nous amèneraient a ce week-end pour nous retrouver.
La première semaine, je vis aux rythmes des messages moins réguliers certes, mais toujours remplis de sens. Ca fait une semaine qu’il est parti, il est a Singapour, et il me demande de l’accompagner prochainement en voiture a Denver pour un road-trip de 3 jours, ok pour moi à condition de faire ceci un week-end, mon travail en ce moment ne me permet pas de m’absenter plus d’un jour… Il me répond qu’il le « prend en compte dans sa planification et qu’il a hâte de revenir… »
Apres ca, plus rien, plus de nouvelles pendant 5 longs jours ou je me dis de ne pas m’inquiéter, qu’il travaille comme un fou… Et il réapparait sur Skype, de retour sur le continent américain, mais ne me contacte pas… Il doit vraiment être débordé… que je suis naïve !! Il me répond à peine, je me rassure, dans tous les cas, il revient vendredi… « Ne t’inquiète pas, tout va bien, pardonne mes absences…, je ne t’ignore pas, je suis très occupé… ». Je ronge mon frein, je sens bien qu’il y a quelque chose de bizarre, je mets ca sur le fait que c’est un malade de travail et que je ne suis pas habituée, c’est tout.

Le vendredi arrive, je vois à midi qu’il est toujours en Californie, au travail. Ne rentre-t-il pas ?? Je lui envoie un texte lui demandant s’il est disponible, il me répond qu’il revient vers moi dans une minute… Plus d’une demi-heure interminable plus tard, il me demande si j’ai ma caméra… Je suis en clientèle, et ne peux pas faire une conference call… « Allo ma Belle, je ne rentre pas a Montréal, je veux te parler de ca… » Trois petits points, il est le spécialiste des phrases qui se finissent en trois petits points, ca veut tout et rien dire… Je ne me doute pas de l’horreur de la situation qui m’attend… Il me demande quel est le meilleur moment pour me téléphoner… Etant impatiente de lui parler et ne me doutant pas qu’il veut prendre un rendez-vous téléphonique pour lamentablement me larguer, je lui dis bêtement « maintenant ».
Il m’appelle « Allo ma Belle, ca va oui et toi?... blablabla, beaucoup de travail, blablabla, occupé… » Et sur le même ton « Je ne rentre pas à Montréal ce week-end. J’ai rencontré quelqu’un. » A ce moment-la, ma tête tourne, je ne crois pas ce que je viens d’entendre : « Tu peux répéter, je n’ai pas bien entendu ce que tu viens de dire… » Il a répété et a ajouté qu’il voulait me le dire en face, mais vu les circonstances, ce n’était pas possible… Je ne comprends plus rien, un gouffre béant s’est ouvert sous ma chaise. La suite, c’est moi avec du mal à retenir mes larmes chez mon client… Le choc : je m’attendais à ce qu’il m’appelle pour qu’on trouve un moyen de se voir, et lui m’annonce sans aucun ménagement qu’il rompt ! Mille questions me submergent : qui a-t-il rencontré, ou plutôt retrouvé en l’occurrence ? Je le pensais débordé et le voila occupé a tramer une jolie trahison sans se soucier des conséquences de ses actes… La conversation dure 4 ou 5 minutes maximum, je n’arrive qu’a lui dire « Tout était fake (faux), tu m’as pris pour un jouet… Je te déteste. » Je n’ai eu que de pauvres réponses piteuses sans consistance. Il a vite raccroché, absolument décevant dans son comportement lâche et irrespectueux, ca ne collait pas avec l’homme que j’admirais. Et surtout ce sentiment personnel de n’être rien que le dindon de la farce, il avait été parfait jusqu'à présent, je me serais au moins attendue à être traitée avec respect de sa part dans une rupture, et non pas comme une simple employée qu’on renvoie !!! Ce doit être le résultat d’une déformation professionnelle d’un world « wild » businessman (homme d’affaires du monde sauvage !!!) … Pas de sentiment, je ne pouvais pas faire face.

Apres coups, j’ai réagi que si j’avais eu ma caméra, il aurait trouvé ca équivalent a une rupture en bonne et due forme. Vive l’ère technologique !!

De mon coté, depuis vendredi dernier, les couleurs de l’automne me donnent envie de vomir. Je sais, ca passera….

mardi 8 mai 2007

Quelle belle image!!

Cela fait bizarre de voir des images de son beau pays quand on en est parti... Surtout quand il s'agit d'images ou on voit des voitures brulées, des vitrines brisées, des combats de rues, des policiers blessés, des échanges de lacrymogènes...
Difficile de répondre a ces gens qui me demandent ici :"Alors, contente du résultat des élections?", sans leur dire :"Euh, de combien de temps vous disposez parce que ma réponse risque d'être longue...?"
Peu importe, mes idées, dans une démocratie ou la majorité + 1 l'emporte, est-ce normal d'avoir de telles manifestations quand plus de 53% de la population s'est prononcé en faveur d'une personne et de son programme? Y a-t-il beaucoup d'autres démocraties modernes ou l'on voit de tels évènements? Au nom de la liberté, les porte-drapeaux de ces manifestations ne deviennent-ils pas des tyrans??? Le moindre évènement n'est-il pas juste un prétexte à la manipulation ?
Hier, près de Saint Jean sur Richelieu pas loin de Montréal, un jeune homme en moto a refusé de s'arrêter quand il a été pris en chasse par des policiers, cela s'est fini en course poursuite au cours de laquelle le gars est mort... C'est stupide. J'ai vu la nouvelle à Caféine sur TQS ce matin, chaine régionale... Nombre de titres sur le sujet dans les infos nationales = 0, nombre de manifestants dans les rues pour le jeune homme et sa liberté de ne pas répondre au force de l'ordre = 0, nombre des voitures brulées a date = 0.... Et je suis sure qu'il n'y aura pas plus d'évolutions dans les prochains jours... Ici, on dira, je suis sure, qu’il n’avait qu’a s’arrêter…
Parfois, j'ai vraiment honte de l'image que l'on donne de la France à l'extérieur...

lundi 16 avril 2007

Triste actualité

Ben ce soir, je voulais faire un petit message particulier, car cela fait exactement 6 mois que j’ai débarqué a Montréal, un certain lundi 16 octobre 2006 ! Mais, je n’ai pas trop le cœur a ca, non pas que mon expérience personnelle ici ne me comble pas, bien au contraire, mais plutôt parce que j’ai été assommée par les journaux télévisés.

Une nouvelle tuerie, une de plus, et encore plus terrible cette fois-ci par le nombre de personnes concernées, 33 morts et plus de 20 blessés, sur le campus de Virginia Tech, au Etats-Unis… Toujours le même scénario, rien de très original, excepté qu’il ne s’agit pas d’un film. Le personnage principal s’est suicidé, pourquoi entrainer 32 autres personnes avec lui ? Je ne veux même pas essayer de comprendre, il n’y a aucune raison selon moi à un tel geste…
Je me demande seulement comment un jour, a la croisée des chemins, on décide de prendre le plus mauvais des mauvais…

Je pense à ces jeunes gens qui n’auront jamais la chance de vivre leur vie, je pense à ses familles qui sont dans la douleur et qui ne s’en remettront pas et ne peux m’empêcher de penser à ceux que j’aime et qui me manquent dans ce genre de moment. La vie, c’est une chance, elle est assez difficile sans qu’un crétin attardé, certainement en mal de reconnaissance, vienne la voler… C’est du gâchis.

Site de l’université : http://198.82.160.236/

mardi 6 février 2007

Des accomodements raisonnables

Je suis foncièrement convaincue que la richesse d’une communauté, d’une entreprise, d’un groupe, d’un pays, se fait sur le développement de ses ressources propres mais également par l’appropriation d’habitudes ou de manières ramenées de l’extérieur par des étrangers au système… Une autre façon de voir, d’appréhender, de vivre, de croire. C’est un peu ma raison d’être ici, comment savoir que je vis bien si je ne connais pas d’autre façon de vivre ? La frontière est difficile à cerner entre le bienfait de l’appropriation d’une culture différente pour les uns et la nécessité d’adaptation à la culture accueillante pour ceux qui arrivent... (Juste pour info pour la photo, vue du Stade Olympique, on ne dirait pas qu'il fait -20, hein?? Prete a tout pour une photo!)
Il y a quelques semaines, des fenêtres teintées ont été appliquées a la place de celles existantes d’une salle de sport de Montréal afin de contenter la communauté juive Hassidim qui se plaignait que ses garçons d’une école voisine pouvaient avoir à regarder des femmes en tenue de sport, situation jugée inconvenante selon la communauté. De même, ici, on ne peut plus trop parler de soirée de Noel, mais de soirée de fin d’année… Il est vrai que les québécois font preuve généralement de beaucoup de tolérance par rapport aux différences culturelles, puisque c’est par essence un peuple hétéroclite : en 2005, sur 5 enfants nés a Montréal, 3 étaient issus d’une union dont au moins un des parents est immigré.

Tous ces accomodements raisonnables dont font preuve nos communautés modernes que ce soit en France, ou ici, sont a l'image de notre niveau de tolérance relativement élevé…
A « Tout le monde en parle », dimanche dernier sur Radio Canada TV (et oui ici, aussi, on l’a), j’ai trouvé pas mal ce que disait Pascal Bruckner : il parlait de nos cultures occidentales qui sont très tolérantes, mais toutefois, qu’il ne fallait pas tomber dans l’excès qui risquait de nous rendre tolérant envers l’intolérance….

Dans la même émission, je suis tombée sur un sujet dont j’avais entendu parler dans la semaine. Tout ca pour en venir à cet évènement qui me fait halluciner tellement c’est bête et qui fait déjà le tour de la planète. Le conseil municipal d’un petit village paumé de Mauricie (Province du Québec) nommé Hérouxville remet en cause ces principes d’accomodement et a pondu une charte de vie qui explique aux « gens » (vous remarquerez les guillemets) avant qu’ils décident d’immigrer comment on vit dans ce bled (;-) mot arabe) pour qu’ils viennent en connaissance de cause, et qu’en clair, ils adoptent toutes les coutumes ! Un code de conduite a l’attention des immigrés qui édicte que la seule bonne façon de vivre dans ce village est celle d’un catholique moyen et qui par sa rédaction généralise a outrance les comportements des communautés juives et musulmanes, une charte de 5 pages que je joins a cet article juste pour vous montrer comment ca peut faire peur, je tiens a préciser qu’il n’y a bien sur aucun immigré dans la bourgade de 1368 âmes et que d’autres villages sont prêts a suivre l’exemple! (http://municipalite.herouxville.qc.ca/normes.pdf). Et, s’il y a bien sur une chose que je déteste par-dessus tout, c’est les généralisations ! Je trouve ca réducteur et dangereux.

Je suis une petite fille de l’immigration, mon arrière grand-père paternel était italien et avait tenté de fuir un régime pour lequel ses idées politiques pouvaient être fatales, il en est mort hélas, mais a réussi à faire passer ses enfants et sa femme du coté français ou ils pourraient évoluer librement… enfin espérait-il !
Si mon grand-père était encore vivant, je serais curieuse de savoir ce qu’il penserait de ces signes des temps, lui qui a tout fait pour s’intégrer à la société française, si bien qu’au final, hélas, je suis incapable de sortir 2 mots d’italien ! Mais je me rappelle la tristesse qu’il avait ressenti le 21 avril 2002 lors du premier tour des élections présidentielles… et aussi le pélerinage qu’il avait fait pour visiter son village d’enfance, le besoin de se sentir attaché…

Maintenant que je vis mon expatriation, je comprends ce besoin qu’on a de se sentir appartenant à une communauté qui nous rappelle nos racines et notre culture, de retrouver, même loin, des choses qui nous ramènent vers notre origine. Voila c’était pour mon petit coup de gueule !

Pour rester dans le trend, un petit mot sur le Salon automobile International de Montréal qui n’a finalement d’international que le nom, je le comparerais plus a la foire de l’automobile a Tarbes : un étage de 200m2 avec les belles voitures : Ferrari, Porshe, Lamborghini, Mazeratti… et puis le reste juste une expo des voitures qui se vendent au Québec, même pas les Alfa Roméo que vend mon père : Papa si tu me lis, c’est quand tu veux que tu m’offres la Brera !, sinon je serai obligée d’acheter une Audi TT… En y réfléchissant, j’aurai peut-être plus les moyens pour une Mini ! Et puis sans voiture, je vis bien aussi !
Finalement tout est une question d’accomodement !