

Je vais raconter le deuxième week-end que j’ai passé avec ma mère et les filles, le premier de septembre… Je dois dire que j’avais pris beaucoup de temps à concocter ces deux fins de semaine, je souhaitais que mes invitées soient totalement ravies, et autant, je pensais que l’ébullition de New-York, à 600 km au sud, nous exciterait, autant j’étais sûre que le circuit qui allait nous mener à 600 km au nord de Montréal nous enchanterait… Je pourrais me transformer en tour opérateur, à force, mais, c’est vrai, j’ai réfléchi à tout, aux étapes, et aux activités, j’ai fait en sorte de les choisir de façon à ce que ni moi, ni ma mère ne les avions déjà réalisées…

Ensuite, j’ai calculé les kilomètres et les temps de transit entre ces différentes étapes, et après cela, j’ai réservé les gites, passage obligé pour bien connaître les secrets de ce Québec profond !! Donc, le programme était le suivant… Ma mère et moi partions de Montréal le vendredi matin à 7h pour rejoindre les filles dans le vieux Québec, elles avaient pris le bus la veille pour visiter la ville aux quatre-cents ans. De là, une rapide virée aux Chutes de Montmorency, une ballade dans les Canyons du Mont Sainte Anne, avant de rentrer dans la région de Charlevoix, d’admirer ses paysages, et de faire notre première étape à Baie-St-Paul pour la nuit… De là, une séance de rabaska sur la rivière Malbaie dans le Parc des Hautes Gorges de la rivière Malbaie allait nous occuper toute l’après-midi, avant d’atteindre Tadoussac le soir, pour notre deuxième étape, et là, était prévu, pour le dimanche, le clou du spectacle : les baleines !!!

Tout s’est excellemment bien passé… Excepté que depuis deux semaines que le temps était au beau et au chaud fixes, je ne m’attendais pas à une si brutale chute des températures ! Du coup, je suis sortie de chez moi en petit jupe blanche et top à bretelles et me suis retrouvée à claquer des dents à Québec tellement le vent était glacial, et à enfiler un pantalon derrière le volant de ma voiture de location ! Une fois les filles embarquées, nous avons pris la direction des belles chutes de Montmorency, et là tremblotantes dans nos coupe-vents… Heureusement

pour nous, le temps que nous trouvions les
Canyons du Mont Sainte Anne, le soleil est sorti et nous avons eu une promenade agréable dans le parc avec toutes ses jolies passerelles… A noter la hantise de Carole de tomber sur un ours tout au long du week-end, à savoir la réaction qu’elle a eu face au raton laveur, je n’imagine pas ce que ce serait face à un ours brun ! Et puis ma mère, un vrai roman sur un pont, qu’est-ce-que j’ai pu rire ! Elle craint tellement le balancement de la passerelle qu’elle tangue comme si elle avait bu des litres de bières !
Le parc et la cascade sont une promenade agréable, il y a également un parcours culturel pour les enfants que nous avons commencé à faire, évidemment, c’est ainsi que ma mère et les filles se sont retrouvées à compléter un sudoku géant…
Après cela, j’ai conduit à travers Charlevoix, nous permettant de nous laisser guider au gré de la route et de nos envies, c’est ainsi que nous avons atteint, par un pur hasard et beaucoup de persévérance – j’avais vu l’indication et ai suivi un long chemin sur terre battue, résistant aux insinuations des filles selon lesquelles nous ne trouverions rien, à la fin de la route, ne menant qu’à une grande propriété privée,
le pont couvert de Saint Placide, classé monument historique de Baie-Saint-Paul, un magnifique monument d’architecture, tel qu’on peut le voir que dans les films à l’ancienne…

Et ensuite, la configuration de Charlevoix fait faire des hauts et des bas à la voiture, la descente sur
Petit Rivière Saint François est étonnante, les freins de la voiture chauffent et des bacs à sable sur le bord de la route sont là pour arrêter les chauffeurs malheureux qui auraient perdus leurs freins. Le village vaut vraiment le détour, on se croirait au Cap Ferret !

Nous arrivons en fin d’après midi à Baie-Saint-Paul, et rencontrons nos hôtes, un couple d’enseignants à la retraite, dotés d’un chien aussi énorme qu’inoffensif et câlin qui répond au nom de Kimo et présente la particularité d’adorer les légumes en tout genre et d’avoir son propre bac à légume dans le frigo ! La maison est charmante, et nous apprenons énormément à parler à ce Monsieur, passionné d’histoire du Québec… J’y retournerai cet hiver, pour sûr, afin de continuer notre conversation. J’ai, depuis, commandé « Une histoire du Québec » de
Jacques Lacoursière, sur ces conseils, c’est l’historien qui a permis de vulgariser l’histoire de la Nouvelle France ! Et bien sûr, un petit déjeuner à tomber pare-terre, et à se damner pour pouvoir avoir une tranche de pain perdu supplémentaire !

La journée du samedi est grise et menaçante, et je conduis jusqu’au
Parc des hautes-gorges de la rivière Malbaie. En chemin, sur le bord du Saint Laurent, à La Malbaie, je stoppe sur le côté, à la suite de cris poussés à l’arrière : les filles ont vu une baleine… qui ne sera en définitive qu’un rocher sur lequel l’écume se forme… Fausse alerte, mais la pression monte ! Avant les baleines et Tadoussac, nous avons l’épreuve du rabaska, qui,

je le rappelle, est un canot pour 10 personnes, et bien sûr, ce n’est pas une mince affaire ! Il me tarde tellement de voir ma mère là-dessus ! Nous traversons le parc pour atteindre le barrage et le camp de départ de notre mini-expédition, la route est très belle et la forêt à perte de vue, je rêve juste de voir le tout sous le soleil, car pour le moment, ce n’est pas gagné !! Nous nous arrêtons pour admirer un barrage de castors, Carole laisse les portes de la voiture ouvertes car elle craint toujours la venue de l’ours !

Elle n’a pas tort, remarquez, la présence de l’animal n’est pas rare dans ce parc selon ce que nous dira notre gentil guide du rabaska ! Notre navigation durera 2h30 sous une pluie fine, heureusement, nous sommes bien couvertes et l’aventure est à vivre, en rapport direct avec la nature, conciliant petit effort physique et visite culturelle menée par notre barreur (et guide) – Caroline est bien sûr, comme elle l’avait dit, de mon côté, je la trouve bien synchronisée avec moi, je lui dis que je l’embauche pour le bateau dragon ! Le guide nous explique le métier de draveur, ceux qui sautaient sur les rondins de bois descendant sur la rivière pour les diriger et c’est comme cela qu’il nous parle du livre
« Menaud, Maître Draveur » de Félix-Antoine Savard, classique de la littérature québécoise que je viens de finir de lire !
L’avantage d’être bien préparées, c’est que nous étions assez couvertes et que nous avions toutes du linge de change, et en définitive, nous avons passé un bon moment, malgré le temps !

Le soir, nous arrivons à Tadoussac, le gite est tenu par un jeune, plutôt moins accueillant que nos précédents hôtes… ce n’est pas grave, du moment que son petit-déjeuner est excellent ! Ma mère et moi avons en tête de manger à La Bohème, au rapport qualité/prix incomparable dans la ville… Nous ferons pour cela trois quarts d’heure d’attente. Le soir, pas besoin de nous faire conter une berceuse !
Le lendemain, c’est matinée libre pour nous toutes, en attendant notre expédition… Nous irons visiter maman et moi le
poste de traite Chauvin, qui fut le premier étal d’échange de fourrures créé entre les européens et les indiens, nous y apprenons beaucoup, notamment grâce à une jolie projection de 12 minutes, justement sur le commerce né entre les deux peuples et comment les intérêts ont divergé… Quelques boutiques, un sandwich vite englouti et nous nous présentons devant le stand de la société à qui nous avons acheté les billets pour le zodiac !
Le temps de nous harnacher, nous ne ressemblons absolument à rien ( ! ), et nous embarquons. Par chance, nous sommes les premières, nous nous retrouvons à la tête du bateau, plus à l’avant, et je serais à la place de la bouée !!

Les baleines vont êtres généreuses avec nous et se montrer, 2 énormes pour commencer que l’on aperçoit au loin grâce à leurs jets d’eau, puis des phoques et des belugas, ces-derniers sont impossibles à photographier ! C’est très impressionnant, notre capitaine de bateau est de très bon conseil et plein d’humour ! Le moment est magique ! Une baleine à bosse bien paresseuse se tiendra juste à l’avant du zodiac, à mes pieds !!! Elle fera quelques entrées et sorties dans l’eau, nous dévoilant sa nageoire dorsale, jusqu’à ce que, au moment de partir, elle nous salue d’un magnifique mouvement de queue !

Après cela nous allons tourner et virer sur le Saint Laurent, puis le Saguenay, je vous laisse considérer le chemin parcouru sur l’image grâce à la montre GPS de Carole : en 2 heures et cinquante-huit minutes, nous avons parcouru 71km !!
Pour moi, avant cela, l’expérience des baleines aurait plutôt consisté en les observant d’un kayak de mer, toutefois, je dois avouer que notre aventure en zodiac fut merveilleuse. Et puis, cela m’a convaincu que je le ferai, l’année prochaine !
A peine remises de nos émotions et nous avons repris la voiture pour un retour direct sur Montréal, un seul arrêt au « Coq Rôti » après Québec, où le slogan « Je t’aime, mon poulet » restera certainement dans nos fou-rires des vacances des filles !
