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dimanche 18 janvier 2009

Nostalgie

Cela n’a pas été trop difficile d’abandonner mon blog pour les 15 premiers jours de ma nouvelle résolution… Au début, j’avais envie d’écrire et je me retenais… et puis, c’est passé, et surtout j’ai été complètement malade !! Depuis le 1er janvier, un rhume que j’ai traité avec les classiques advil ou tylenol, qui s’est finalement transformé en sinusite… J’ai donc eu besoin de repos… Il faut avouer que pour ne pas arranger le tout, le lendemain de mon retour à Montréal, luttant contre le décalage horaire, j’ai accepté l’invitation de mes amis de partir faire une petite randonnée de raquette ! Je souhaitais ainsi vaincre le mal par le mal… ce qui n’a absolument rien arrangé et j’ai fini par dormir à n’en plus pouvoir, me reposer, et je suis allée voir un médecin. Ce dernier s’est trouvé s’appeler Docteur Shepperd (en fait, c’était Sheppard avec un a, mais la prononciation en anglais sonne quasiment la même), et pour ceux, ou plutôt celles, qui regardent « Grey’s Anatomy », vous savez ce que cela signifie. Allez, effectivement, il était mignon ce qui allait bien avec le personnage, du coup, je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander si ses collègues l’appelaient « Docteur Mc Dreamy », et il m’a répondu que c’était plutôt ses patientes, en général… Point taken (à bon entendeur…)
Donc, pas d’avancement réel sur mon projet, mais je commence à aller mieux maintenant, et je vais me reprendre et réorganiser tout cela !

Mes vacances en France ont été très bonnes et m’ont permis de voir ma famille et certains de mes amis…
Mon tour de France : deux jours à Paris, 4 jours dans l’arrière-pays niçois, une semaine dans le Sud-Ouest et les Pyrénées que j’ai finalement décidé de prolonger de trois jours supplémentaires.
A Paris, après une visite au bureau, j’ai surtout profité de mon frère et ai pu l’applaudir lors de son concert à Palaiseau le soir-même de mon arrivée – une façon radicale de régler mon décalage horaire ! Estelle et Jean-Baptiste m’ont accompagné à la représentation et ont tellement apprécié qu’ils sont repartis avec le CD ! J’ai vu Alex également, dans un restaurant génial sur Paris, à côté du Louvre, Le Fumoir que je conseille vraiment pour le cadre original de sa bibliothèque et le menu abordable, pour la place !! Je voulais absolument voir les illuminations de Noël sur les Champs Elysées, alors j’ai trainé mon frère tout le long du jardin des Tuileries, à la Place de la Concorde, jusqu’à l’Arc de Triomphe… Un samedi après-midi, la semaine avant Noël… j’aime la patience dont mon frère peut fait preuve à mon égard de temps en temps !! ;-) Le soir nous avons passé une autre soirée mémorable avec certains de ses amis et colocataires qui s’est soldée par une séance de photos avec des T-shirts de promotion, des effets de styles et des perruques !!

Ensuite, quatre jours à Nice avec ma grand-mère, mon père, sa femme et ma toute petite sœur… Une météo clémente et des températures à être enviée par bien des québécois, j’ai fait une belle randonnée avec mon papa pour atteindre le sommet de la montagne au-dessus de chez nous, « La Plastre », un endroit où j’allais souvent enfant, mais dont le chemin est de moins en moins évident à trouver vu le peu de passage qu’il y a. Une fois en haut, mon père m’a montré l’endroit où il comptait installer ses ruches, près de la vielle bergerie en ruine en prévision d’une production intensive de miel à la lavande… Nous nous sommes également rendus au village de Lucéram réputé pour sa beauté et son exposition de crèches de Noël : chaque maison prépare sa propre crèche et l’offre à la vue des curieux… ! Et puis, départ de Nice pour Toulouse, en train, en ayant réservé trois mois avant, je ne payais que 30 euros mon billet en première classe, ce qui n’était pas un luxe pour un voyage de 7 heures… Des grèves de la SNCF dans le Sud-Est me faisaient craindre le pire et, après une petite frayeur – entre Nice et Marseille, nous n’avons eu qu’un train interrégional sans places attitrées, chose insignifiante dont certains n’ont pas pu se remettre pour le reste du voyage et ont passé leur temps à se plaindre, dans ces moments-là, j’adore mes écouteurs ! Mais, mon Dieu, que les français râlent pour rien !– en définitive, je suis arrivée 10 minutes en avance sur l’horaire en gare de Toulouse Matabiau…. Le soir, je rentre à Masseube, chez ma maman et mon beau-père, je retrouve ma sœur Mélanie, le temps de me poser un peu et toute la famille arrive de plus ou moins près, certains viennent de Genève, d’autres de la Drôme… Nous serons une vingtaine pour le réveillon ce soir-là… Le plaisir des retrouvailles et des moments en famille, bien sûr, mais aussi la nostalgie des moments d’avant, des souvenirs d’enfance et les petits qui deviennent un peu trop grands, trop vite… Cela fait trois ans que je n’ai pas fêté Noël en famille, mais bizarrement, rien n’a changé ! C’est un sentiment troublant au final !
Au cours du repas, nous procédons à notre traditionnelle tombola de Noël. Le principe en est simple, chacun est venu avec trois cadeaux de moins de cinq euros chacun auxquels nous avons attribué un numéro, au cours du repas, chacun tire à son tour un numéro, à trois reprises, et gagne le cadeau correspondant…. Si nous tombons sur un présent que nous avons apporté, nous retirons… Normalement, le « règlement » veut que nous devrions attendre la fin des trois tours pour procéder à la « bourse aux échanges » - le moment, où nous échangeons les lots en fonction de nos préférences-, mais en pratique, les négociations commencent bien avant cela, elles sont âpres et sans concession, mais c’est l’occasion de bien rire !
Le reste, c’est des vacances tranquilles, du ski bien sûr avec mes cousins Romain et Franck, et du repos au chaud dans la maison…
Je vais retrouver Magali à Lannemezan, endroit totalement improbable où nous avons décidé de croiser nos chemins le temps d’un repas… Il y a tellement peu de restaurants que nous demandons à une fleuriste de nous indiquer un endroit. Nous finirons dans le restaurant Casino « Le mirage » de Capvern les bains qui n’a jamais aussi bien porté son nom tellement il n’y a rien autour ! Je suis toute contente d’avoir retrouvé mon amie, mais il va m’arriver un truc encore plus fou… En traversant le parking pour aller garer la voiture, je vois un ami que je n’ai pas vu depuis des lustres (environ 8 ans !) traverser à pied devant moi avec sa famille… Ils ont un repas dans le même restaurant que nous !! Et je ne mens pas quand je disais depuis des mois que je devais donner des nouvelles à Pascal... Le monde est ridiculement petit!
Ça n’a rien pour atténuer ce sentiment de nostalgie, tout ça !!! ;-)

dimanche 28 décembre 2008

Carte postale de Saint-Lary Soulan

Tout va bien… « La Montagne, ça vous gagne » comme dit le slogan des Pyrénées…
De retour chez moi… Les images parlent d’elles-mêmes. C'est tellement beau!!

mercredi 3 décembre 2008

What happens in Vegas stays in Vegas – Dernière étape

Ce qui se passe à Vegas, reste à Vegas…
Voilà, les derniers instants de ces superbes vacances… Après avoir plié le camp et les tentes, là aussi, en un temps record –Yeahyeah, je suis une campeuse, je suis une campeuse euh… hum, euh pardon… Donc après avoir rassemblé toutes nos affaires, nous redescendons la rivière en kayak jusqu’à la marina… C’est marrant comment dans le sens du courant les 11 kilomètres se font beaucoup mieux !! Nous rechargeons le minibus et la remorque… Bruno nous met la pression car il a un spectacle le soir à Vegas, et si jamais les rangers ne nous laissent pas passer au contrôle de l’Hoover Dam (le barrage du lac Mead) pour n’importe quelle raison, nous aurons un tour de plus de 3 heures à faire pour atteindre l’autre passage vers Vegas au lieu des 45 minutes qui nous séparent de Sin City (la ville des péchés)…

J’avoue, j’ai hâte de retrouver la civilisation et un minimum de confort, cela me fait bizarre de voir ma tête dans le miroir des toilettes, cela faisait cinq jours que je ne m’étais pas vue…. Luc nous a préparé une soupe pour le lunch, mais je délaisserai mon thermos ce midi-là pour manger n’importe quel petit sandwich du magasin de la marina de Willow Beach, je n’en peux plus des soupes de pates au thon !! ;-) Il est temps qu’elle rentre la Fred !
Derniers souvenirs, dernières photos du groupe, nous savons que nous allons bientôt tous nous quitter, une fois arrivés à Las Vegas. Certains, comme moi, rentrent le lendemain matin à Montréal, d’autres ont décidé de rester un peu plus. Grâce à mon super guide Lonely Planet qui nous a décidément bien accompagnés pendant notre périple, j’ai déjà une idée de ce que je veux absolument voir à Vegas… Et le fait que Bruno aille voir le Cirque du Soleil me convainc, j’essaierai également d’aller voir le spectacle, sans grand espoir toutefois, car je n’avais aucune réservation… Et je revoyais encore Mario et Dany, amis et collègues de Montréal, me dire « Tu vas à Vegas, il faut absolument voir un spectacle… » ! Pourquoi ne les avais-je pas écoutés ???

Donc arrivés à l’hôtel, nous nous disons au revoir, mais nous savons que nous nous verrons très vite pour la revue des photos. Et je pars avec Bruno dans l’espoir d’avoir un ticket pour le spectacle « O » du Cirque du Soleil au Bellagio…. Et je vais l’avoir !! Yeaheah !! J’obtiendrai un siège isolé, mais je suis chanceuse, je suis extrêmement bien placée… Quand le placier attrape mon billet pour m’orienter il me dit « Can I see your ticket Ma’am ? Ohhhh, you are in the show!!” (Montrez-moi votre place, oh vous êtes dans le spectacle!!). En effet, je suis au siège A001, si bien que quand je tends le bras, je touche la scène, et mon billet porte la mention « Wet Seat » (siège mouillé), car durant le spectacle, je peux être arrosée avec la piscine juste à côté… La salle de spectacle est très belle, et le show, fidèle à tous ceux du Cirque du Soleil, est à couper le souffle. Je suis ébahie par le travail de coordination et de mise en scène du spectacle qui doit, outre le sol et les airs, prendre en compte la gestion du spectacle nautique… Le tout est savamment organisé, et ma place me permet de voir des détails minuscules qu’on ne remarque pas quand on est plus loin, comme les expressions des visages des artistes. C’est magique, j’en prends plein les yeux, il y a des moments, je ne sais plus où regarder tellement il y a de mouvements sur la scène !

Après cela Las Vegas… Le moment que je préfèrerai hormis « O » sera la chorégraphie des fontaines devant le Bellagio… Par deux fois, nous regarderons la danse des jets d’eau au rythme de la musique, une fois sur « Con te partiro » d’Andrea Bocelli et la seconde fois sur « One » de Chorus Line, deux petits moments bien agréables. (Je chargerai bientôt les vidéos sur Youtube)

Mais une fois que j’ai descendu un peu la Strip (Las Vegas Boulevard), j’ai compris très vite le principe : des hôtels qui représentent des villes du monde avec un casino à l’intérieur et des attractions pour que le touriste captif consomme ses dollars… J’assouvirai très vite mon urgente envie de faire les boutiques. Bien sûr, le Bellagio et le Caesar Palace sont impressionnants et majestueux, à chaque détour, j’ai le sentiment de me retrouver dans un film, « Ocean’s Eleven » ou « Casino »… mais je ne suis pas émue par les reproductions de Venise, New York, ou Paris, à mon sens, je préfère aller les visiter, même si la vue de la Tour Eiffel et l’Arc de Triomphe m’emplit de bonheur – mais c’est plutôt une preuve de chauvinisme aigue de ma part : « Everything’s sexier in Paris (Tout est plus sexy à Paris) ».
Je perdrai quelques dollars dans un bandit manchot, le temps de réaliser que je n’aime pas vraiment les salles de casinos, je trouve cela glauque, fermé, et cela sent la fumée…

En fait, je suis en décalage à Las Vegas, je sors de 15 jours de vacances magnifiques en pleine nature et me retrouver au milieu de cette foule, de tout cet univers fictif, me donne la nausée… Très vite, je sais que je ne passerai pas la nuit blanche que j’avais prévue : il fait trop froid pour faire un tour de grand huit, l’aquarium géant est fermé à 11h, et la stratosphère également… J’en arrive à la conclusion que la ville est idéale pour venir entre copines et passer 2 ou 3 jours dans un superbe hôtel à boire des cocktails et être ivre toute la journée pour se retrouver le soir dans des clubs très tendance… C’est avec Zaff, c’est sûr que je m’éclaterais ici ! Dans cette perspective seulement, j’y retournerais !!

Alors que s’est-il passé à Vegas qui ne devrait pas revenir à Montréal ? Rien, absolument rien… Cette phrase me plaisait et je trouvais que c’était un bon moyen d’attirer votre attention. Et j'avais envie de faire un clin d'oeil au film avec Cameron Diaz, un bon film de filles que j'ai bien aimé... C’est la fin des vacances !!!

dimanche 30 novembre 2008

Etape 6 : La marina de Willow Beach, 5 jours sur le Colorado

Lien vers l'itinéraire, cliquez ici.
Après la nuit à Kingman, nous avons une heure de minibus pour rejoindre la marina de Willow Beach qui se trouve sur le Lac Mohave à environ 35 miles de Las Vegas… Nous allons partir pour 5 jours, du dimanche matin au vendredi suivant, sur les rives du Colorado, sur la partie de la rivière qui se situe entre le Lac Mohave, en aval, et le Lac Mead, en amont.
Nous laissons le minibus au stationnement et allons rejoindre notre campement en kayak, à onze kilomètres de là, en amont, pendant que Luc apportera nos vivres avec le Maori.

Notre première tâche est donc de charger nos kayaks avec nos effets personnels, nos tentes, matelas et sac de couchage, de quoi alourdir l’embarcation !! Même si j’étais déjà partie légère de Montréal, je trouve le moyen d’épurer encore le nombre de mes vêtements, et je prends 3 t-shirts, 2 shorts, et un pantalon, ainsi que ma polaire… et me dis que je laverais régulièrement dans la rivière… Tant qu’à vivre l’aventure, autant la vivre pleinement !! J’ai gardé un peu de place – tout de même ;-) - dans le caisson étanche de mon kayak pour quelques bières et bouteilles de vin que nous partagerons dans la semaine, comme tous les autres – je tenais à le préciser. J’utilise un grand sac étanche de 55 litres pour protéger mes affaires, spécialement le sac de couchage, le reste, si cela se mouille, ce n’est pas bien grave… euh, excepté mon appareil photo !! C’est tout un exercice de placer tout ceci sur un petit kayak, même si je ne soupçonnais pas que le coffres étanches de l’embarcation puisse contenir autant d’affaires !! Le plus important sur le kayak est de ne pas perdre l’équilibre, il est donc crucial de bien balancer le poids, car on est si près de l’eau que ce serait dommage de couler avec tous les bagages dessus ! Finalement, mon Onc’ Denis m’aidera beaucoup pour placer la tente et équilibrer le tout…

Et nous voilà partis, pour 11 kilomètres…. Et mon Dieu que c’est long !! C’est surtout que les 11 kilomètres sont à contre-courant, cette partie du Colorado n’est pas très mouvante – rien à voir avec celle du Grand Canyon ! – toutefois, quand on n’a pas l’habitude, c’est toute une expédition ! Mais bon, petit à petit, nous tombons les miles…. Nous nous arrêtons sur une jolie plage pour prendre un lunch bien mérité, Luc a eu le temps de préparer une bonne soupe et m’asseoir sur le sable fin avec une assiette chaude sur le bord du Colorado, dans ce décor majestueux, a quelque chose de luxueux !! J’adore !
Ce jour-là, le dimanche, en montant la rivière, nous croisons des dizaines et dizaines d’embarcations qui redescendent… C’est la fin du week-end et les gens rentrent chez eux après avoir utilisé « notre » campement… Canots, kayaks et assez bizarrement un surf ! Et oui, de loin, j’ai cru avoir la vision d’un homme qui marchait sur l’eau…Pendant un moment, j’ai vraiment eu du mal à y croire, observant de façon incrédule ce qui m’arrivait… Et il s’agissait, en fait, d’un monsieur qui descendait la rivière debout sur une planche à l’aide d’une longue rame… Hallucinant ! Nous l’avons croisé 2 fois lors de notre séjour… Et il n’allait pas être la seule surprise de notre aventure.

Le paysage… magnifique, bien sûr ! J’aurais pu passer des heures à observer les oiseaux sur la rivière, je trouvais des hérons à chaque méandre… Et à un moment, je me suis cru dans un reportage du « National Geographic » qui m’a laissé sans voix : un héron qui se trouvait dans l’eau à environ 11h de mon kayak (à l’avant gauche à 15 mètres) a décollé en frôlant l’eau et faisant un arc de cercle autour de moi, je me suis retournée pour le suivre du regard, au risque de compromettre mon équilibre et il s’est définitivement envolé quand il était à 4h (arrière droite de mon kayak)… Ouah !

Nous arriverons au camp vers 4h cet après-midi là… Luc et Etienne ont déjà installé leurs tentes et notre coin cuisine… Nous montons les kayaks sur la rive et comme tout le monde, je cherche un emplacement pour m’installer… J’avoue que je recherche un coin reculé, non pas que je n’apprécie pas mes compagnons, mais juste parce que j’ai envie de profiter du calme de la nature… Et là, je trouve un emplacement idéal, une petite étendue de sable cachée derrière des buissons épineux, que l’on n’aperçoit pas du chemin, au pied d’une belle falaise, la place la plus éloignée de notre cuisine, mais certainement la plus tranquille... Mes seules petites voisines sont des espèces de petites bécasses qui semblent rire avec leurs petits cris et qui passent leur temps à se courir après. En voyant mon coin, Lucie dira que ce n’est plus une tente que j’ai mais un penthouse ! En 10 minutes, je monte toute seule ma tente… Je suis tellement fière de moi que je cours voir Nicole pour lui dire et là elle me rétorque en riant: «Awoye, tu vas voir, on va faire une vraie campeuse de toi ! »…

Et puis la vie s’organise tranquillement sur notre campement, les emplacements de feux nous montrent qu’il y a eu foule lors du week-end, mais nous sommes seuls sur place maintenant. Luc nous donne quelques consignes pour respecter l’environnement, des choses simples auxquelles il faut penser quand on passe plusieurs jours dans la nature comme cela : comment gère-t-on nos déchets, nos besoins, la vaisselle, la purification de l’eau de la rivière pour que nous puissions boire ? Tous ces petits trucs qui feront de moi une vraie campeuse écologique à partir de maintenant !
Mais je dois avouer, mon côté écologique partait mal… Le premier soir, après le repas, la nuit déjà tombée, nous nous sommes préparés un thé histoire de poursuivre la soirée et de ne pas aller nous coucher à 7h30… J’avais les mains pleines, et, assise sur une pierre, j’ai donc posé ma tasse d’eau chaude au sol, le temps que je finisse mon dessert, des poires caramélisées au chocolat absolument délicieuses ! Au moment où j’ai attrapé ma tasse pour savourer mon thé, j’ai eu la bonne idée de regarder dans la tasse aidée de ma lampe frontale, et là j’ai hurlé : un petit crapaud avait eu l’intention saugrenue de sauter dedans et flotté mort les pates avant et arrière écartées, le pauvre ayant fini ébouillanté… Ceci m’a passé toute envie de boire un thé pour la soirée !

Le joyau du campement, c’est que, outre un emplacement magnifique sur le bord du Colorado, se trouvent à 150 mètres de là, dans un canyon charmant une source d’eau chaude où des piscines écologiques ont été aménagées… Je ne vais pas les découvrir le soir même de notre arrivée, mais je peux vous assurer que nous allons en profiter dans les jours suivants !! C’est le rendez-vous assuré à chacun de nos retours de nos activités de la journée ! Nous allons même déguster une fondue au chocolat un soir aux thermes. L’une des « baignoires » permet même de faire sa toilette, avec un savon écologique bien sûr… Donc, il n’est pas nécessaire de se jeter dans l’eau, très froide du Colorado… Je le ferai un après-midi, juste par envie, l’eau était trop belle, je n’ai pas résisté… j’en suis vite ressortie, complètement gelée… Dany, Serge, et Bruno m’ont suivi mais sont également vite remontés sur la rive !

Nous passerons donc la semaine à faire du kayak ou du maori pour rejoindre des canyons dans lesquels nous escaladerons et marcherons afin d’aller à la recherche d’autres sources d’eaux chaudes et les piscines… Ces marches sont parfois très sportives. Toutefois, c’est tellement agréable de marcher dans l’eau et de ne pas avoir froid, il arrive même qu’elle soit un peu trop chaude. Une journée, nous montons jusqu’à l’Hoover Dam en kayak, le barrage du Lac Mead, à neuf kilomètres de notre camp, un nouveau pont est en construction pour permettre d’alléger la circulation sur le barrage qui mène à Las Vegas. Pas facile de remonter certains rapides, même s’ils ne sont pas impressionnants, le courant est très fort… Et nous montons en pensant au moment où nous redescendrons jusqu’au camp… Hélas pour nous, le vent se lève ce jour-là et nous nous retrouvons à lutter contre sur le chemin du retour, à un moment donné, j’ai pris une vague dans mon kayak et j’ai bien eu peur !

Et la vie suit son cours sur place, je m’émerveille de visiter les canyons et de toucher leur pierres si douces, polies par les crues… Un matin, en me promenant, je me dis « Je suis si petite et le monde est tellement grand !! ».
A la fin, j’en avais assez du kayak, j’ai réalisé que ce n’était pas forcément mon sport favori et je me suis trouvée une jolie plage tranquille où j’allais me relaxer, Bruno se proposant pour m’accompagner à chaque fois.

Le groupe est fantastique et il y a une excellente ambiance entre nous, et suite à nos aventures, nous nous appelons les « Joyeux Naufragés » (le générique montre à quel point c’était kitsh), en souvenir d’une vieille série que mes compagnons semblent bien connaître… Pour l’occasion, ils essaient de me faire porter le rôle de Ginger, la starlette, mais je leur dis que cela ne me ressemble pas, et là, ils me demandent de faire un effort, qu’il s’agit d’un rôle de composition et que c’est en rapport avec mon âge… Mouais ! Remarquez, Etienne devient Gilligan, l’idiot, alors je préfère certainement être Ginger ! ;-)
Le soir, nous rions, nous chantons, surtout avec Colette et Serge, - Lucie m'appelle leur "Grégory Charles"- et nous détendons, je reprends deux ou trois fois la lecture pour Luc, Etienne et quelques autres qui aiment m’entendre lire…. Tout tranquille quoi, excepté qu’un soir, nous avons une visite surprise, comme dans les « Joyeux Naufragés »… Revenant à la nuit noire de la rivière pour être allée laver son assiette, Sylvie, assez surprise, nous dit qu’il y a un gars accosté avec un canot qui demande si on peut l’aider à sortir son bateau de l’eau. Bien sûr nous sommes tous intrigués car nous nous demandons comment il a pu remonter le courant en pleine nuit et quand nous voyons arriver le gars, la vision est totalement ahurissante : c’est un vagabond des mers en speedo (slip de bain) et veste de flottaison, très maigre, les cheveux blancs, les yeux bleu, le contenu de son canot : des sacs en plastique ! Il nous raconte plein d’histoires, il sent la bière également et fume comme un pompier !! Mais alors ! Qu’il est drôle, il tombera saoul endormi dans son canot et le lendemain matin prendra un café avec nous avant de repartir… Il dit s’appeler Bryan McHopper, être ancien acteur, faire actuellement un reportage… Il nous fera d’ailleurs une séance de mini-reportage en nous filmant avec sa caméra, il est vraiment hilarant ! Il nous avait dit qu’on le trouverait sur internet en le cherchant et j’ai été déçue de ne pas le voir sur le web ! Mais en voici une rencontre étonnante !
Par ailleurs, lors de notre dernière soirée, notre camp sera envahi par une quinzaine d’adolescents accompagnés de quatre adultes, j’ai craint pour mon penthouse, mais finalement aucun n’a certainement eu l’autorisation d’aller trop loin dans l’endroit !! C’est PARFAIT ! Toutefois, nous avons perdu notre intimité, nous faisons un feu de camps le soir sous les étoiles savourant nos derniers instants en pleine nature ! Mais il est temps de rentrer, les vacances et l’aventure touchent à leur fin.

dimanche 23 novembre 2008

Etape 5 : Antelope Canyon avant d’atteindre Kingman

Lien vers l'itinéraire, cliquez ici.
Une nuit à l’hôtel, un confort indécent dans un voyage d’aventure, mais nous l’avons apprécié ! Toutefois, les petits-déjeuners dans les établissements choisis sont toujours sommaires et je préfère de loin ceux que nous préparons lorsque nous campons.
Au programme ce matin-là, avant une nouvelle journée de route, la visite d’Antelope Canyon, recommandée par le Lonely Planet, suivie de celle du barrage de Glen Canyon (Glen Canyon Dam), origine du lac Powell à Page – Arizona.
La veille au restaurant, nous avons trouvé les prospectus de l’agence navajo « Antelope Canyon Tours » qui se situe exactement à côté du Dam Bar & Grill et convenu que nous ferons le tour de 8h30, car il faut absolument s’inscrire à une visite guidée !

A l’heure au rendez-vous, nous rencontrons des touristes français, ce que ne cessent de me faire remarquer mes compagnons de voyage… Ils sont parisiens en plus !! J’en prends pour mon grade ! Notre guide se présente à nous, il s’appelle Mike et est navajo, il nous fait grimper dans un camion à bâche et nous voilà partis… L’expédition a un certain côté anti-sécuritaire qui me rappelle un peu la République Dominicaine, nous avons 20 minutes de voiture pour nous rendre aux canyons, nous apercevons des montgolfières partout dans le ciel - un peu irréaliste - et la conduite de Mike, plutôt sportive, n’épargne pas mes cervicales, il n’essaie pas d’éviter les bosses sur la route, et les suspensions du camion sont pourries… Pour ne pas aider, Nicole et moi exagérons chaque mouvement en sautant comme des folles sur les fauteuils et en hurlant… Bon ok, ça défoule !!
Une fois que nous quittons la route goudronnée, nous prenons un chemin de sable dans lequel le camion 4x4 peine parfois… Et nous arrivons…

Antelope Canyon, la partie supérieure du canyon, se présente devant nous : un couloir étroit et profond qui nous entraîne dans ses courbes de part et d’autres des rochers polis par les « flash floods » (les crues subites), et ses surprenants jeux d’ombres et de lumières… La ballade dure une quarantaine de minutes, Mike nous raconte des anecdotes intéressantes et nous indique les meilleurs endroits pour prendre de belles photos. Il n’hésite d’ailleurs pas à saisir nos caméras pour les faire lui-même, à la fin, je lui laisse carrément mon appareil, qu’il avoue préférer aux autres ! Je suis chanceuse, j’ai mon photographe personnel, ce qui m’assurera de superbes clichés, mais également la jalousie non-dissimulée de mes camarades !! ;-)

Encore une des merveilles du monde visitée, outre le plaisir des yeux, je me régale à toucher les murs tellement ils sont doux, mais cette beauté peut se révéler très cruelle. Comme je l’ai dit plus haut, ces canyons deviennent meurtriers lorsque les pluies se transforment en crues sur ces terres imperméables qui ne peuvent pas absorber les eaux soudaines des orages, emportant avec tous les sédiments et le sable, les randonneurs imprudents qui se seraient aventurés par-là malgré les alertes. J’ai trouvé l’histoire -en anglais- de la crue de 1997 qui a tristement rendu célèbre la partie inférieure de ces canyons, faisant 11 victimes.

J’ai du mal à imaginer comment cet endroit qui est aussi paisible peut se transformer ainsi, d’autant que, quand nous sortons, nous sommes accompagnés par la musique mélodieuse d’une flûte… Nous plaisantons avec Mike, je lui dis que c’est le son du vent qui se faufile dans les rochers, il me répond qu’il s’agit en fait d’une vielle légende indienne… En définitive, il s’agira d’une guide navajo qui se prête à un joli exercice !
Nous retournons au camion, et rentrons… Nicole et moi continuons de faire les idiotes – je vais le regretter, et les montgolfières sont toutes maintenant à terre partout éparpillées dans une cercle de 10 kilomètres !

Nous reprenons notre minibus et partons sur le barrage de Glen Canyon, vraiment impressionnant. Là encore, à l’observatoire du barrage, nous croisons de nombreux français et ce sera également le cas au Mac Do de Flagstaff (bon ok, j’avais envie d’un Big Mac !!) plus tard dans la journée, je suis contente et même assez fière, cela signifie que les français voyagent et s’intéressent à d’autres choses !! Les mesures de sécurité sont très strictes, depuis le 11 septembre 2001, pour rentrer dans l’établissement !
Je regarde du côté descendant du barrage, le lit de la rivière Colorado qui retrouve son cours normal, et je me mets à rêver de le descendre, un jour, sûrement !!

Et voilà, nous reprenons la route, direction Kingman, dans l’ouest de l’Arizona… nous allons passer à Flagstaff, où assez bizarrement, sur une cinquantaine de kilomètre la région désertique se transforme en zone montagneuse et de forêts de pins, conséquence certainement de la zone volcanique. Les heures en minibus sont longues et je commence à m’ennuyer, d’autant que j’ai très mal aux cervicales… Après avoir charrié Etienne sur ses chaussettes radioactives – je l’ai tellement taquiné à ce sujet, qu’il a jeté les 5 paires de chaussettes en question !, chanté le maximum des chansons de mon lecteur MP3, dansé de la musique country dans les toilettes rien que pour Nicole… (hum !), je suis comme une enfant de 4 ans qu’il faut occuper, et alors, je lis tout le chapitre de l’histoire des Etats-Unis dans mon guide, à voix haute pour mes camarade de l’arrière du minibus… Nous créons ainsi une sorte de club de lecture où chacun réagit et fait les rapprochements avec le voyage que nous vivons actuellement ! J’ai beaucoup aimé ces moments… Nous ne passons pas très loin de la fameuse Route 66….

Et nous arrivons à Kingman le soir… un autre hôtel, ouhouh !, c’est refête ! Ma chambre est horrible, ou plutôt ma salle de bain, mais j’ai déjà vidé mon sac lorsque je le réalise et n’ai pas envie de tout rempaqueter ! Le seul véritable attrait du lieu est son jacuzzi dans lequel je vais me jeter avec Nicole, Danny et Bruno ! Bains chauds et bains froids successifs, nous y restons tellement longtemps que je crains d’avoir les doigts palmés à la sortie. Toutefois, cela fait du bien, notamment pour mes cervicales qui auront bien méritées de bons traitements ce soir-là!! Vive les vacances !