Nous laissons le minibus au stationnement et allons rejoindre notre campement en kayak, à onze kilomètres de là, en amont, pendant que Luc apportera nos vivres avec le Maori.Notre première tâche est donc de charger nos kayaks avec nos effets personnels, nos tentes, matelas et sac de couchage, de quoi alourdir l’embarcation !!
étanche de 55 litres pour protéger mes affaires, spécialement le sac de couchage, le reste, si cela se mouille, ce n’est pas bien grave… euh, excepté mon appareil photo !! C’est tout un exercice de placer tout ceci sur un petit kayak, même si je ne soupçonnais pas que le coffres étanches de l’embarcation puisse contenir autant d’affaires !! Le plus important sur le kayak est de ne pas perdre l’équilibre, il est donc crucial de bien balancer le poids, car on est si près de l’eau que ce serait dommage de couler avec tous les bagages dessus ! Finalement, mon Onc’ Denis m’aidera beaucoup pour placer la tente et équilibrer le tout…
Ce jour-là, le dimanche, en montant la rivière, nous croisons des dizaines et dizaines d’embarcations qui redescendent… C’est la fin du week-end et les gens rentrent chez eux après avoir utilisé « notre » campement… Canots, kayaks et assez bizarrement un surf ! Et oui, de loin, j’ai cru avoir la vision d’un homme qui marchait sur l’eau…Pendant un moment, j’ai vraiment eu du mal à y croire, observant de façon incrédule ce qui m’arrivait… Et il s’agissait, en fait, d’un monsieur qui descendait la rivière debout sur une planche à l’aide d’une longue rame… Hallucinant ! Nous l’avons croisé 2 fois lors de notre séjour… Et il n’allait pas être la seule surprise de notre aventure.
Le paysage… magnifique, bien sûr ! J’aurais pu passer des heures à observer les oiseaux sur la rivière, je trouvais des hérons à chaque méandre… Et à un moment, je me suis cru dans un reportage du « National Geographic » qui m’a laissé sans voix : un héron qui se trouvait dans l’eau à environ 11h de mon kayak (à l’avant gauche à 15 mètres) a décollé en frôlant l’eau et faisant un arc de cercle autour de moi, je me suis retournée pour le suivre du regard, au risque de compromettre mon équilibre et il s’est définitivement envolé quand il était à 4h (arrière droite de mon kayak)… Ouah !Nous arriverons au camp vers 4h cet après-midi là… Luc et Etienne ont déjà installé leurs tentes et notre coin cuisine… Nous montons les kayaks sur la rive et comme tout le monde, je cherche un emplacement pour m’installer… J’avoue que je recherche un coin reculé, non pas que je n’apprécie pas mes compagnons, mais juste parce que j’ai envie de profiter du
calme de la nature… Et là, je trouve un emplacement idéal, une petite étendue de sable cachée derrière des buissons épineux, que l’on n’aperçoit pas du chemin, au pied d’une belle falaise, la place la plus éloignée de notre cuisine, mais certainement la plus tranquille... Mes seules petites voisines sont des espèces de petites bécasses qui semblent rire avec leurs petits cris et qui passent leur temps à se courir après. En voyant mon coin, Lucie dira que ce n’est plus une tente que j’ai mais un penthouse ! En 10 minutes, je monte toute seule ma tente… Je suis tellement fière de moi que je cours voir Nicole pour lui dire et là elle me rétorque en riant: «Awoye, tu vas voir, on va faire une vraie campeuse de toi ! »…
Et puis la vie s’organise tranquillement sur notre campement, les emplacements de feux nous montrent qu’il y a eu foule lors du week-end, mais nous sommes seuls sur place maintenant. Luc nous donne quelques consignes pour respecter l’environnement, des choses simples auxquelles il faut penser quand on passe plusieurs jours dans la nature comme cela : comment gère-t-on nos déchets, nos besoins, la vaisselle, la purification de l’eau de la rivière pour que nous puissions boire ? Tous ces petits trucs qui feront de moi une vraie campeuse écologique à partir de maintenant !
Mais je dois avouer, mon côté écologique partait mal… Le premier soir, après le repas, la nuit déjà tombée, nous nous sommes préparés un thé histoire de poursuivre la soirée et de ne pas aller nous coucher à 7h30… J’avais les mains pleines, et, assise sur une pierre, j’ai donc posé ma tasse d’eau chaude au sol, le temps que je finisse mon dessert, des poires caramélisées au chocolat absolument délicieuses ! Au moment où j’ai attrapé ma tasse pour savourer mon thé, j’ai eu la bonne idée de regarder dans la tasse aidée de ma lampe frontale, et là j’ai hurlé : un petit crapaud avait eu l’intention saugrenue de sauter dedans et flotté mort les pates avant et arrière écartées, le pauvre ayant fini ébouillanté… Ceci m’a passé toute envie de boire un thé pour la soirée !
Le joyau du campement, c’est que, outre un emplacement magnifique sur le bord du Colorado, se trouvent à 150 mètres de là, dans un canyon charmant une source d’eau chaude où des piscines écologiques ont été aménagées… Je ne vais pas les découvrir le soir même de notre arrivée, mais je peux vous assurer que nous allons en profiter dans les jours suivants !! C’est le rendez-vous assuré à chacun de nos retours de nos activités de la journée ! Nous allons même déguster une fondue au chocolat un soir aux thermes. L’une des « baignoires » permet même de faire sa toilette, avec un savon écologique bien sûr… Donc, il n’est pas nécessaire de se jeter dans l’eau, très froide du Colorado… Je le ferai un après-midi, juste par envie, l’eau était trop belle, je n’ai pas résisté… j’en suis vite ressortie, complètement gelée… Dany, Serge, et Bruno m’ont suivi mais sont également vite remontés sur la rive !Et la vie suit son cours sur place, je m’émerveille de visiter les canyons et de toucher leur pierres si douces, polies par les crues… Un matin, en me promenant, je me dis « Je suis si petite et le monde est tellement grand !! ».
A la fin, j’en avais assez du kayak, j’ai réalisé que ce n’était pas forcément mon sport favori et je me suis trouvée une jolie plage tranquille où j’allais me relaxer, Bruno se proposant pour m’accompagner à chaque fois.
Le groupe est fantastique et il y a une excellente ambiance entre nous, et suite à nos aventures, nous nous appelons les « Joyeux Naufragés » (le générique montre à quel point c’était kitsh), en souvenir d’une vieille série que mes compagnons semblent bien connaître… Pour l’occasion, ils essaient de me faire porter le rôle de Ginger, la starlette, mais je leur dis que cela ne me ressemble pas, et là, ils me demandent de faire un effort, qu’il s’agit d’un rôle de composition et que c’est en rapport avec mon âge… Mouais ! Remarquez, Etienne devient Gilligan, l’idiot, alors je préfère certainement être Ginger ! ;-)Par ailleurs, lors de notre dernière soirée, notre camp sera envahi par une quinzaine d’adolescents accompagnés de quatre adultes, j’ai craint pour mon penthouse, mais finalement aucun n’a certainement eu l’autorisation d’aller trop loin dans l’endroit !! C’est PARFAIT ! Toutefois, nous avons perdu notre intimité, nous faisons un feu de camps le soir sous les étoiles savourant nos derniers instants en pleine nature ! Mais il est temps de rentrer, les vacances et l’aventure touchent à leur fin.



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