dimanche 30 novembre 2008

Etape 6 : La marina de Willow Beach, 5 jours sur le Colorado

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Après la nuit à Kingman, nous avons une heure de minibus pour rejoindre la marina de Willow Beach qui se trouve sur le Lac Mohave à environ 35 miles de Las Vegas… Nous allons partir pour 5 jours, du dimanche matin au vendredi suivant, sur les rives du Colorado, sur la partie de la rivière qui se situe entre le Lac Mohave, en aval, et le Lac Mead, en amont.
Nous laissons le minibus au stationnement et allons rejoindre notre campement en kayak, à onze kilomètres de là, en amont, pendant que Luc apportera nos vivres avec le Maori.

Notre première tâche est donc de charger nos kayaks avec nos effets personnels, nos tentes, matelas et sac de couchage, de quoi alourdir l’embarcation !! Même si j’étais déjà partie légère de Montréal, je trouve le moyen d’épurer encore le nombre de mes vêtements, et je prends 3 t-shirts, 2 shorts, et un pantalon, ainsi que ma polaire… et me dis que je laverais régulièrement dans la rivière… Tant qu’à vivre l’aventure, autant la vivre pleinement !! J’ai gardé un peu de place – tout de même ;-) - dans le caisson étanche de mon kayak pour quelques bières et bouteilles de vin que nous partagerons dans la semaine, comme tous les autres – je tenais à le préciser. J’utilise un grand sac étanche de 55 litres pour protéger mes affaires, spécialement le sac de couchage, le reste, si cela se mouille, ce n’est pas bien grave… euh, excepté mon appareil photo !! C’est tout un exercice de placer tout ceci sur un petit kayak, même si je ne soupçonnais pas que le coffres étanches de l’embarcation puisse contenir autant d’affaires !! Le plus important sur le kayak est de ne pas perdre l’équilibre, il est donc crucial de bien balancer le poids, car on est si près de l’eau que ce serait dommage de couler avec tous les bagages dessus ! Finalement, mon Onc’ Denis m’aidera beaucoup pour placer la tente et équilibrer le tout…

Et nous voilà partis, pour 11 kilomètres…. Et mon Dieu que c’est long !! C’est surtout que les 11 kilomètres sont à contre-courant, cette partie du Colorado n’est pas très mouvante – rien à voir avec celle du Grand Canyon ! – toutefois, quand on n’a pas l’habitude, c’est toute une expédition ! Mais bon, petit à petit, nous tombons les miles…. Nous nous arrêtons sur une jolie plage pour prendre un lunch bien mérité, Luc a eu le temps de préparer une bonne soupe et m’asseoir sur le sable fin avec une assiette chaude sur le bord du Colorado, dans ce décor majestueux, a quelque chose de luxueux !! J’adore !
Ce jour-là, le dimanche, en montant la rivière, nous croisons des dizaines et dizaines d’embarcations qui redescendent… C’est la fin du week-end et les gens rentrent chez eux après avoir utilisé « notre » campement… Canots, kayaks et assez bizarrement un surf ! Et oui, de loin, j’ai cru avoir la vision d’un homme qui marchait sur l’eau…Pendant un moment, j’ai vraiment eu du mal à y croire, observant de façon incrédule ce qui m’arrivait… Et il s’agissait, en fait, d’un monsieur qui descendait la rivière debout sur une planche à l’aide d’une longue rame… Hallucinant ! Nous l’avons croisé 2 fois lors de notre séjour… Et il n’allait pas être la seule surprise de notre aventure.

Le paysage… magnifique, bien sûr ! J’aurais pu passer des heures à observer les oiseaux sur la rivière, je trouvais des hérons à chaque méandre… Et à un moment, je me suis cru dans un reportage du « National Geographic » qui m’a laissé sans voix : un héron qui se trouvait dans l’eau à environ 11h de mon kayak (à l’avant gauche à 15 mètres) a décollé en frôlant l’eau et faisant un arc de cercle autour de moi, je me suis retournée pour le suivre du regard, au risque de compromettre mon équilibre et il s’est définitivement envolé quand il était à 4h (arrière droite de mon kayak)… Ouah !

Nous arriverons au camp vers 4h cet après-midi là… Luc et Etienne ont déjà installé leurs tentes et notre coin cuisine… Nous montons les kayaks sur la rive et comme tout le monde, je cherche un emplacement pour m’installer… J’avoue que je recherche un coin reculé, non pas que je n’apprécie pas mes compagnons, mais juste parce que j’ai envie de profiter du calme de la nature… Et là, je trouve un emplacement idéal, une petite étendue de sable cachée derrière des buissons épineux, que l’on n’aperçoit pas du chemin, au pied d’une belle falaise, la place la plus éloignée de notre cuisine, mais certainement la plus tranquille... Mes seules petites voisines sont des espèces de petites bécasses qui semblent rire avec leurs petits cris et qui passent leur temps à se courir après. En voyant mon coin, Lucie dira que ce n’est plus une tente que j’ai mais un penthouse ! En 10 minutes, je monte toute seule ma tente… Je suis tellement fière de moi que je cours voir Nicole pour lui dire et là elle me rétorque en riant: «Awoye, tu vas voir, on va faire une vraie campeuse de toi ! »…

Et puis la vie s’organise tranquillement sur notre campement, les emplacements de feux nous montrent qu’il y a eu foule lors du week-end, mais nous sommes seuls sur place maintenant. Luc nous donne quelques consignes pour respecter l’environnement, des choses simples auxquelles il faut penser quand on passe plusieurs jours dans la nature comme cela : comment gère-t-on nos déchets, nos besoins, la vaisselle, la purification de l’eau de la rivière pour que nous puissions boire ? Tous ces petits trucs qui feront de moi une vraie campeuse écologique à partir de maintenant !
Mais je dois avouer, mon côté écologique partait mal… Le premier soir, après le repas, la nuit déjà tombée, nous nous sommes préparés un thé histoire de poursuivre la soirée et de ne pas aller nous coucher à 7h30… J’avais les mains pleines, et, assise sur une pierre, j’ai donc posé ma tasse d’eau chaude au sol, le temps que je finisse mon dessert, des poires caramélisées au chocolat absolument délicieuses ! Au moment où j’ai attrapé ma tasse pour savourer mon thé, j’ai eu la bonne idée de regarder dans la tasse aidée de ma lampe frontale, et là j’ai hurlé : un petit crapaud avait eu l’intention saugrenue de sauter dedans et flotté mort les pates avant et arrière écartées, le pauvre ayant fini ébouillanté… Ceci m’a passé toute envie de boire un thé pour la soirée !

Le joyau du campement, c’est que, outre un emplacement magnifique sur le bord du Colorado, se trouvent à 150 mètres de là, dans un canyon charmant une source d’eau chaude où des piscines écologiques ont été aménagées… Je ne vais pas les découvrir le soir même de notre arrivée, mais je peux vous assurer que nous allons en profiter dans les jours suivants !! C’est le rendez-vous assuré à chacun de nos retours de nos activités de la journée ! Nous allons même déguster une fondue au chocolat un soir aux thermes. L’une des « baignoires » permet même de faire sa toilette, avec un savon écologique bien sûr… Donc, il n’est pas nécessaire de se jeter dans l’eau, très froide du Colorado… Je le ferai un après-midi, juste par envie, l’eau était trop belle, je n’ai pas résisté… j’en suis vite ressortie, complètement gelée… Dany, Serge, et Bruno m’ont suivi mais sont également vite remontés sur la rive !

Nous passerons donc la semaine à faire du kayak ou du maori pour rejoindre des canyons dans lesquels nous escaladerons et marcherons afin d’aller à la recherche d’autres sources d’eaux chaudes et les piscines… Ces marches sont parfois très sportives. Toutefois, c’est tellement agréable de marcher dans l’eau et de ne pas avoir froid, il arrive même qu’elle soit un peu trop chaude. Une journée, nous montons jusqu’à l’Hoover Dam en kayak, le barrage du Lac Mead, à neuf kilomètres de notre camp, un nouveau pont est en construction pour permettre d’alléger la circulation sur le barrage qui mène à Las Vegas. Pas facile de remonter certains rapides, même s’ils ne sont pas impressionnants, le courant est très fort… Et nous montons en pensant au moment où nous redescendrons jusqu’au camp… Hélas pour nous, le vent se lève ce jour-là et nous nous retrouvons à lutter contre sur le chemin du retour, à un moment donné, j’ai pris une vague dans mon kayak et j’ai bien eu peur !

Et la vie suit son cours sur place, je m’émerveille de visiter les canyons et de toucher leur pierres si douces, polies par les crues… Un matin, en me promenant, je me dis « Je suis si petite et le monde est tellement grand !! ».
A la fin, j’en avais assez du kayak, j’ai réalisé que ce n’était pas forcément mon sport favori et je me suis trouvée une jolie plage tranquille où j’allais me relaxer, Bruno se proposant pour m’accompagner à chaque fois.

Le groupe est fantastique et il y a une excellente ambiance entre nous, et suite à nos aventures, nous nous appelons les « Joyeux Naufragés » (le générique montre à quel point c’était kitsh), en souvenir d’une vieille série que mes compagnons semblent bien connaître… Pour l’occasion, ils essaient de me faire porter le rôle de Ginger, la starlette, mais je leur dis que cela ne me ressemble pas, et là, ils me demandent de faire un effort, qu’il s’agit d’un rôle de composition et que c’est en rapport avec mon âge… Mouais ! Remarquez, Etienne devient Gilligan, l’idiot, alors je préfère certainement être Ginger ! ;-)
Le soir, nous rions, nous chantons, surtout avec Colette et Serge, - Lucie m'appelle leur "Grégory Charles"- et nous détendons, je reprends deux ou trois fois la lecture pour Luc, Etienne et quelques autres qui aiment m’entendre lire…. Tout tranquille quoi, excepté qu’un soir, nous avons une visite surprise, comme dans les « Joyeux Naufragés »… Revenant à la nuit noire de la rivière pour être allée laver son assiette, Sylvie, assez surprise, nous dit qu’il y a un gars accosté avec un canot qui demande si on peut l’aider à sortir son bateau de l’eau. Bien sûr nous sommes tous intrigués car nous nous demandons comment il a pu remonter le courant en pleine nuit et quand nous voyons arriver le gars, la vision est totalement ahurissante : c’est un vagabond des mers en speedo (slip de bain) et veste de flottaison, très maigre, les cheveux blancs, les yeux bleu, le contenu de son canot : des sacs en plastique ! Il nous raconte plein d’histoires, il sent la bière également et fume comme un pompier !! Mais alors ! Qu’il est drôle, il tombera saoul endormi dans son canot et le lendemain matin prendra un café avec nous avant de repartir… Il dit s’appeler Bryan McHopper, être ancien acteur, faire actuellement un reportage… Il nous fera d’ailleurs une séance de mini-reportage en nous filmant avec sa caméra, il est vraiment hilarant ! Il nous avait dit qu’on le trouverait sur internet en le cherchant et j’ai été déçue de ne pas le voir sur le web ! Mais en voici une rencontre étonnante !
Par ailleurs, lors de notre dernière soirée, notre camp sera envahi par une quinzaine d’adolescents accompagnés de quatre adultes, j’ai craint pour mon penthouse, mais finalement aucun n’a certainement eu l’autorisation d’aller trop loin dans l’endroit !! C’est PARFAIT ! Toutefois, nous avons perdu notre intimité, nous faisons un feu de camps le soir sous les étoiles savourant nos derniers instants en pleine nature ! Mais il est temps de rentrer, les vacances et l’aventure touchent à leur fin.

mardi 25 novembre 2008

Jour de neige

Il est 20h14 à l’horloge de mon ordinateur, je vais devoir attendre 1 heure et 11 minutes avant de m’envoler ce soir pour Toronto… J’ai beau m’y prendre au dernier moment, je passe de plus en plus vite tous les obstacles des aéroports : enregistrement électronique, sécurité bien préparée, ordi sorti, liquides et crèmes dans une pochette, prête à dégainer mes bottes de sept lieues si besoin… Ce soir, j’ai commencé à préparer mes affaires pour partir à 18h45 chez moi, et là j’attends et toujours j’attends… Je deviens de plus en plus efficace, et bientôt, je sais ce qui va se passer : je vais raccourcir de plus en plus mon temps pour me rendre à l’aéroport jusqu’à ce que je manque un vol – ce ne serait pas la première fois… Mais comme dit ma Tante Lucie : « Ce n’est pas en restant assise sur mon sofa que tout cela m’arriverait » ! ;-)… Enfin bon, pour l’instant, j’attends…
En marchant dans l’aéroport, tout à l’heure, je réalisais qu’il y a un mois jour pour jour, je m’envolais pour Denver, afin de passer ces jolies vacances dont je n’ai pas encore terminé le récit… Cela me rappelle que je n’ai pas raconté la dernière journée de mes vacances de juillet au Mexique non plus, qui fut tellement exceptionnelle que ce serait dommage d’y passer dessus…. Je garde cela pour les longues soirées d’hiver, au creux de ma –fausse- cheminée !! Parce que voilà, l’hiver est ici, ici, enfin à Montréal… La neige nous était promise depuis plus d’une semaine, et elle est tombée la nuit dernière… laissant un manteau blanc plutôt humide et désagréable ce matin… En effet, cela avait déjà commencé à fondre et la sloche avait envahi les trottoirs… Beurk ! Rien à voir avec le « scrountch scrountch » habituel du bruit des bottes !!
Et puis là surprise, j’ai appris qu’il a neigé sur Toulouse et Nice la même nuit, et qu’il y a déjà 155 cm de neige en haut des sommets des Pyrénées… ! Ouah ! Ma chère Mamie Claire me l’a dit au téléphone ce matin… Je l’ai appelé pour lui souhaiter une belle journée d’anniversaire, comme chaque année, la veille du mien…
Mais alors, je vous imagine déjà interloqués et vous demandant : « Que fait-elle dans un aéroport pour Toronto quand elle pourrait rester sur Montréal et passer la journée de demain à travailler de son bureau tout en répondant gentiment à tous ceux qui lui laisseront un message pour sa fête??? » Mais c’est parce qu’elle est INDISPENSABLE la Fred et que son client n’aurait certainement pas survécu sans elle… Pfffff ! ;-) Non sans blague, je serai de retour jeudi à Montréal pour dignement fêter ça et dans un mois avec ma famille !
Il est 20h39, je ne sais plus quoi raconter de niaiseux, alors je vais m’arrêter là et attendre… espérant que France et Eric arrivent très très vite…
Merci spécial à Alex pour la photo - suis perdue, moi, sans ma caméra!

dimanche 23 novembre 2008

Etape 5 : Antelope Canyon avant d’atteindre Kingman

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Une nuit à l’hôtel, un confort indécent dans un voyage d’aventure, mais nous l’avons apprécié ! Toutefois, les petits-déjeuners dans les établissements choisis sont toujours sommaires et je préfère de loin ceux que nous préparons lorsque nous campons.
Au programme ce matin-là, avant une nouvelle journée de route, la visite d’Antelope Canyon, recommandée par le Lonely Planet, suivie de celle du barrage de Glen Canyon (Glen Canyon Dam), origine du lac Powell à Page – Arizona.
La veille au restaurant, nous avons trouvé les prospectus de l’agence navajo « Antelope Canyon Tours » qui se situe exactement à côté du Dam Bar & Grill et convenu que nous ferons le tour de 8h30, car il faut absolument s’inscrire à une visite guidée !

A l’heure au rendez-vous, nous rencontrons des touristes français, ce que ne cessent de me faire remarquer mes compagnons de voyage… Ils sont parisiens en plus !! J’en prends pour mon grade ! Notre guide se présente à nous, il s’appelle Mike et est navajo, il nous fait grimper dans un camion à bâche et nous voilà partis… L’expédition a un certain côté anti-sécuritaire qui me rappelle un peu la République Dominicaine, nous avons 20 minutes de voiture pour nous rendre aux canyons, nous apercevons des montgolfières partout dans le ciel - un peu irréaliste - et la conduite de Mike, plutôt sportive, n’épargne pas mes cervicales, il n’essaie pas d’éviter les bosses sur la route, et les suspensions du camion sont pourries… Pour ne pas aider, Nicole et moi exagérons chaque mouvement en sautant comme des folles sur les fauteuils et en hurlant… Bon ok, ça défoule !!
Une fois que nous quittons la route goudronnée, nous prenons un chemin de sable dans lequel le camion 4x4 peine parfois… Et nous arrivons…

Antelope Canyon, la partie supérieure du canyon, se présente devant nous : un couloir étroit et profond qui nous entraîne dans ses courbes de part et d’autres des rochers polis par les « flash floods » (les crues subites), et ses surprenants jeux d’ombres et de lumières… La ballade dure une quarantaine de minutes, Mike nous raconte des anecdotes intéressantes et nous indique les meilleurs endroits pour prendre de belles photos. Il n’hésite d’ailleurs pas à saisir nos caméras pour les faire lui-même, à la fin, je lui laisse carrément mon appareil, qu’il avoue préférer aux autres ! Je suis chanceuse, j’ai mon photographe personnel, ce qui m’assurera de superbes clichés, mais également la jalousie non-dissimulée de mes camarades !! ;-)

Encore une des merveilles du monde visitée, outre le plaisir des yeux, je me régale à toucher les murs tellement ils sont doux, mais cette beauté peut se révéler très cruelle. Comme je l’ai dit plus haut, ces canyons deviennent meurtriers lorsque les pluies se transforment en crues sur ces terres imperméables qui ne peuvent pas absorber les eaux soudaines des orages, emportant avec tous les sédiments et le sable, les randonneurs imprudents qui se seraient aventurés par-là malgré les alertes. J’ai trouvé l’histoire -en anglais- de la crue de 1997 qui a tristement rendu célèbre la partie inférieure de ces canyons, faisant 11 victimes.

J’ai du mal à imaginer comment cet endroit qui est aussi paisible peut se transformer ainsi, d’autant que, quand nous sortons, nous sommes accompagnés par la musique mélodieuse d’une flûte… Nous plaisantons avec Mike, je lui dis que c’est le son du vent qui se faufile dans les rochers, il me répond qu’il s’agit en fait d’une vielle légende indienne… En définitive, il s’agira d’une guide navajo qui se prête à un joli exercice !
Nous retournons au camion, et rentrons… Nicole et moi continuons de faire les idiotes – je vais le regretter, et les montgolfières sont toutes maintenant à terre partout éparpillées dans une cercle de 10 kilomètres !

Nous reprenons notre minibus et partons sur le barrage de Glen Canyon, vraiment impressionnant. Là encore, à l’observatoire du barrage, nous croisons de nombreux français et ce sera également le cas au Mac Do de Flagstaff (bon ok, j’avais envie d’un Big Mac !!) plus tard dans la journée, je suis contente et même assez fière, cela signifie que les français voyagent et s’intéressent à d’autres choses !! Les mesures de sécurité sont très strictes, depuis le 11 septembre 2001, pour rentrer dans l’établissement !
Je regarde du côté descendant du barrage, le lit de la rivière Colorado qui retrouve son cours normal, et je me mets à rêver de le descendre, un jour, sûrement !!

Et voilà, nous reprenons la route, direction Kingman, dans l’ouest de l’Arizona… nous allons passer à Flagstaff, où assez bizarrement, sur une cinquantaine de kilomètre la région désertique se transforme en zone montagneuse et de forêts de pins, conséquence certainement de la zone volcanique. Les heures en minibus sont longues et je commence à m’ennuyer, d’autant que j’ai très mal aux cervicales… Après avoir charrié Etienne sur ses chaussettes radioactives – je l’ai tellement taquiné à ce sujet, qu’il a jeté les 5 paires de chaussettes en question !, chanté le maximum des chansons de mon lecteur MP3, dansé de la musique country dans les toilettes rien que pour Nicole… (hum !), je suis comme une enfant de 4 ans qu’il faut occuper, et alors, je lis tout le chapitre de l’histoire des Etats-Unis dans mon guide, à voix haute pour mes camarade de l’arrière du minibus… Nous créons ainsi une sorte de club de lecture où chacun réagit et fait les rapprochements avec le voyage que nous vivons actuellement ! J’ai beaucoup aimé ces moments… Nous ne passons pas très loin de la fameuse Route 66….

Et nous arrivons à Kingman le soir… un autre hôtel, ouhouh !, c’est refête ! Ma chambre est horrible, ou plutôt ma salle de bain, mais j’ai déjà vidé mon sac lorsque je le réalise et n’ai pas envie de tout rempaqueter ! Le seul véritable attrait du lieu est son jacuzzi dans lequel je vais me jeter avec Nicole, Danny et Bruno ! Bains chauds et bains froids successifs, nous y restons tellement longtemps que je crains d’avoir les doigts palmés à la sortie. Toutefois, cela fait du bien, notamment pour mes cervicales qui auront bien méritées de bons traitements ce soir-là!! Vive les vacances !

vendredi 21 novembre 2008

Quatrième étape : Page au travers des cathédrales de Monument Valley

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En pliant les tentes ce matin-là, nous savions que nous allions passé une journée entière dans le minibus… Afin d’éviter un arrêt inutile dans un restaurant et de nous concentrer sur les lieux que nous souhaitions vraiment voir. La veille au soir, j’avais coordonné avec mes 10 coéquipiers la réalisation d’une salade de riz qui comprenait tous les restes d’épicerie que nous avions à disposition… Et je regardais, amusée, chacun s’affairait autour de sa tâche très sérieusement, attendant mes instructions : qui de cuire les œufs et de leur ôter la coquille, qui de couper les carrés de fromage, qui de découper les deux poivrons verts et les 3 tomates qui nous rester… Je pensais à ma mère qui aurait était fière de voir que sa recette avait atterri dans un petit coin du désert de l’Utah et nous sauvait peut-être d’un jeun sur une route hostile… - bon ok, sur le dernier point, j’exagère !
La nuit qui venait de passer m’avait rappelé que le confort en camping ne tient qu’à peu de choses, comme à un matelas qui ne retient plus l’air et que l’on est obligé de gonfler toutes les deux, trois heures… Grrr… La douleur dans le dos s’installait, lancinante, heureusement, nous n’avions pas d’exercice particulier à faire ce jour-là…

Nous sommes partis à l’heure que nous avions fixée la veille, ce qui relevait d’un exploit ! Nous avons atteint la route panoramique 261, Moki Dugway que nous avons suivi pour admirer le belvédère en bord de falaise et la vue admirable que nous avons sur Monument Valley et Goosenecks State Park. Bien sûr, nous avons fait une pause photo, et tout le reste de la journée, nous allons jouer aux « touristes », cela fait du bien parfois ! Les falaises sont immenses, la vue est un peu voilée du fait de la brume, mais cela donne au paysage un côté fantomatique… Les lacets en épingle de la route 261 mènent à la Valley of the Gods (la vallées des Dieux), on descend très rapidement 330 mètres de dénivelé, c’est notre ami Danny, malade en voiture qui ne doit pas vraiment apprécier, le pauvre, assis à l’avant, ne quitte pas la route du regard et ne détourne pas la tête d’un centimètre, même quand nous lui parlons.
Arrivés en bas, nous prenons une route vers l’Ouest dans le Goosenecks State Park afin d’aller s’émerveiller devant les lacets inextricables de la rivière San Juan, où nous mangerons cette délicieuse salade de riz ( ;-)). Peu de temps après, nous reprenons la route 261 et continuons dans le désert entouré des montagnes de grés rouge, au loin. Nous prenons ensuite la route 163 vers le sud et atteignons le village appelé Mexican Hat (le chapeau mexicain), nommé ainsi du fait, vous l’aurez compris en regardant les photos, du rocher à la forme caractéristique à son entrée : un petit mexicain, avec son chapeau qui garde la ville… Une vraie ville de désert, comme dans les films, c’est drôle à voir !

Dès que nous avons passé Mexican Hat, nous entrons dans le Monument Valley Navajo Tribal Park où les rochers se transforment en véritables cathédrales majestueuses. Nous faisons quelques arrêts sans pour autant visiter le parc en détail, il est dommage de constater que des déchets ornent le bord des routes, et que le parc n’est pas aussi bien entretenu que les autres, Luc nous avait averti, mais cela ne gâche pas notre plaisir… Nous passons un excellent moment, à poser pour apparaître sur la route où court Forest Gump dans le film… Pour ma part, je ferai du stop sur la photo, suite à une blague de Danny qui pariait 2 jours avant sur mon, hum, « intelligence physique » pour sortir tout le groupe du désert en cas de panne du minibus !! Bien sûr, je disais qu’il fallait qu’ils soient tous cachés derrière un buisson !
Nous tomberons également sur le squelette d’une tête de vache qui passera entre toutes les mains, excepté les miennes – j’ai passé 3 jours aux urgences pour une infection bactérienne cet été, aucune envie de répéter l’expérience!

Nous reprenons la route, au loin, j’aperçois des chevaux en liberté qui courent… Magnifiques ! Nous rentrons dans l’Etat de l’Arizona et nous changeons d’heure, 9 heures me séparent à ce moment-là de la France… Nous passons la ville de Kayenta… Les habitants sont tous très typés, certains indiens, d’autres plus mexicains, cela ramène les choses à l’histoire relativement récente des Etats-Unis… Nous nous y pencherons dessus dans le reste du voyage….
Je m’assoupis un peu pour me réveiller au moment où nous arrivons à « Horseshoe bend » (La courbe du fer à cheval), et pour cause !! L’endroit marque le début du Grand Canyon et de ses folles descentes sur le Colorado ! Nous sommes juste dans les temps pour le coucher de soleil et là encore, on ne peut que s’incliner devant la beauté que nous offre le paysage… La photo avec le photographe et le coucher de soleil est ma préférée… Ma tante Lucie m’avouera de retour dans le minibus qu’elle avait eu très peur de tomber à un moment en voulant me rejoindre sur la falaise, elle n’avait pas vu une fente… Vu la hauteur du dénivelé, je suis bien soulagée qu’elle se soit rattrapée !!

Ensuite, nous allons diner au « Dam Bar & Grill » de Page, suivant les bons conseils de mon Lonely Planet. C’est la soirée d’Halloween, nous sommes entourés de Wonderwoman, de Spiderman, d’un des Blues Brothers, et nous, nous sommes déguisés en… randonneurs, bien sûr ! Lors du repas, nous décidons que pour économiser du temps le lendemain matin et faire une balade non prévue initialement, nous nous paierons le luxe d’un hôtel le soir même… Youhouh ! C’est fête !
Et voilà encore une belle journée bien remplie !