

Une fois le mariage d’Estelle et JB passé, il me tardait une chose, c’était de sortir de Paris et de sa région… Depuis 4 jours, je n’avais pas arrêté de courir, le temps était menaçant et, pour la première fois depuis longtemps, je trouvais les lieux assez inhospitaliers… comment dire, je ressentais effectivement cette agressivité et cet antipathie que me décrivaient mes amis québécois lors des récits de leurs aventures parisiennes…. Bien sûr, j’étais heureuse de voir mes amis, et mes anciens collègues, toutefois, des choses m’avaient énervé, comme cette foule perpétuelle en mouvement dans Paris…, l’ambiance morose du bilan après la première année « Sarkosy », ou me perdre pour rentrer sur Paris le vendredi matin et me rendre au bureau, du coup, j’étais

arrivée une demi-heure en retard pour manger avec Hubert… après avoir poireauté sur le Périph…, réaliser que mes vacances allaient me couter une fortune avec le taux de conversion de l’euro – on n’est pas loin du « pesos » canadien ;-) !!!

Une chose assez bête que je ne relevais pas quand je travaillais là-bas, mais l’associé que je rencontrais le vendredi après-midi, m’avait gentiment proposé de me joindre à mon ancien groupe pour le pot mensuel qu’il y avait au bureau ce soir-là à 18h…. J’avais rendez-vous chez Isabelle et Thierry pour le souper après, et même si j’avais la voiture prêtée par Estelle, ce qui m’éviterait bien des tourments dans le RER pour me rendre à Versailles, je ne devais pas traîner… Alors, j’allais au pot à 18h15, accompagnée d’un ancien collègue qui est actuellement en transfert depuis 3 ans à Washington et de passage sur la France à ce moment-là….

Et bien que nous avions constaté que la plupart de nos collègues étaient présents dans leurs bureaux ce jour-là, nous sommes restés tous les deux seuls dans la salle de réception jusqu’à 18h45,

heure à laquelle les premiers « français » sont arrivés!!! J’ai réalisé combien mon expérience en Amérique du Nord avait modifié ma vision des choses : déjà, un évènement de bureau, un vendredi soir aussi tard, serait impensable à Montréal, ensuite, les horaires sont très respectés afin de permettre une meilleure organisation des plannings individuels par ailleurs… Et puis, j’ai imaginé l’état d’esprit d’un cadre français afin d’essayer de trouver une explication : arriver le premier à un de ces évènements, ou trop « vite » risquerait d’être interprété comme le fait que je ne suis pas assez occupée… in fine, je suis persuadée que c’est, même inconsciemment, quelque chose dans le genre !
Bref, du coup, je suis partie à 19h15…. « -Oh mais tu pars déjà ???? » « -Ben là, ça fait déjà une heure que je suis là… (et accessoirement, j’ai poireauté en vous attendant 30 « fucking » minutes…. Screugneugneu…!!!)

Lundi matin, je m’envole pour Barcelone… non sans avoir eu une mauvaise expérience avec des agents de comptoirs à l’aéroport… Je remarque le côté émotionnel exacerbé des gens de mon pays, et cela a quelque chose d’irritant…

Peu importe, je vole !!! Je n’ai pas d’hôtel, je gèrerai tout cela en arrivant dans ma ville préférée !! Deux jours avant, j’avais reçu un courriel d’un ami qui me demandait des nouvelles, j’avais honte, car me sachant très occupée pour ces congés, je n’avais pas averti tout le monde de mon retour… Les bienfaits du net, je vois dans son profile « Facebook » qu’il est, pour le travail, à Barcelone !! Bien sûr, c’était une superbe occasion de nous retrouver là-bas pour passer la soirée ensemble… Je n’étais pas partie de Paris que le rendez-vous était déjà convenu !!

Au bureau de l’office de tourisme de l’aéroport, une fois arrivée, je me fais réserver une chambre… je suis de passage, ce n’est que pour une nuit, je n’ai que pour exigence qu’elle soit plein centre, non loin des ramblas et de la place Catalunya…
Cela m’apprendra à ne pas être trop exigeante !!

Ma chambre se trouve dans une auberge moderne du quartier « El Raval » située juste à côté du musée d’arts contemporains de la ville. L’accueil de l’auberge est au deuxième étage, sans ascenseur – bouhouhouh, je suis chargée comme une mule !-, connaît actuellement des travaux – pour faire l’ascenseur, et est somme toute assez sommaire dans son confort…, sans parler de ma chambre, remarquez… Une cage à lapin, avec un petit lit, un éclairage verdâtre et pour seule lumière, celle qui vient d’un puits de jour 10 mètres au dessus, les douches et les toilettes sur le pallier, bien sûr… le tout pour la modique somme de 50 euros -90 dollars !! Cela m’apprendra à ne pas m’organiser !!

Autant dire que je ne m’y éternise pas… les valises posées, je ressors et vais prendre la température de la ville, déjà le manteau qui m’avait suivi partout à Paris, tombe, je le laisse au placard !!

Je me régale des rues grouillantes et désordonnées de Barcelone dont les murs sont des mosaïques de décor : les petits balcons aux faïences décorées avec les persiennes qui promettent de conserver les habitations au frais, les plantes qui fleurissent au balcons, les canaris et autres perruches qui se balancent dans leur cage, et puis le linge qui flotte au vent, accroché aux fenêtres… Ce que j’aime des rues de Barcelone, c’est qu’il y a toujours un moment où on aperçoit un tout petit morceau de ciel bleu… Je traverse la Rambla, l’avenue célèbre qui mène au front de mer, et je me retrouve Place Catalunya avant de repartir vers le Barri Gotic, le quartier médiéval, de la musique, je souris devant ces couples qui dansent au son du paso doble joué par les musiciens de rue… On retrouve Dali, Miro, Picasso et Gaudi partout dans l’architecture de la ville…

Je rentre dans la majestueuse Cathédrale et son cloître qui abrite des oies sous des palmiers, je marche le long des murs du Palais Royal, au son des guitares pour arriver sur la Placa del Rey où les drapeaux espagnols et catalans se dressent fièrement.

Je me retrouve dans les rues marchandes où les magasins présentent des collections des plus colorées et originales, je reconnais bien là l’identité à part de la ville… Je marche jusqu’à la superbe Placa Reial et ses arcades, au son de « La Bamba », il fait bon vivre à Barcelone…
Je retrouve Lorenzo le soir et nous allons manger sur La Rambla dans un de ses restaurants typiques espagnols où l’on commande plein de petites assiettes de tapas accompagnées d’un bon vin ! Les retrouvailles entre amis qui aiment faire la fête…

Hélas lui travaille le lendemain, le pauvre !
De mon côté, je me lève à 11h passé – et moi qui voulais profiter de Barcelone… le temps de visiter mon quartier, « El Raval », endroit populaire en pleine rénovation, je rentre dans quelques magasins d’épices, et des friperies… Il y en a partout ! J’aime beaucoup et j’en recommande la visite.
Je ne sais pas si c’est le reste du vin de la veille, mais, j’ai envie de calme et puis il me tarde surtout de retrouver ma grand-mère, je vais prendre le train à la gare de Barcelona-Sants et en 2 heures je suis à Vinaros… non sans avoir profiter du paysage de bord de mer qui s’offre à moi…. J’arrive et très rapidement, je fais les 200 mètres qui me séparent de la plage… Je regarde la mer devant moi…
Je suis en vacances…