mardi 1 mai 2007

Vies ordinaires

Je commence cet article alors que je suis entrain de faire ma laundry (mon linge), enfin, j’attends que ma machine soit finie pour pouvoir en mettre une deuxième et faire sécher le tout après. Passionnant, hein, la vraie vie ?? Donc, pour décrire un peu le tout : je suis dans le sous-sol de ma résidence qui est théoriquement équipé de 2 laveuses (machine à laver) et 2 sécheuses (sèche-linge), je précise le « théoriquement » car 2 machines ont été endommagées par des vandales qui ont forcé le monnayeur… Depuis quand peut-on se faire une fortune avec l’argent des gens qui lavent leur linge sale ??? Bref, c’est embêtant quand même, on ne peut pas dire que je passe souvent mon temps dans le coin, mais cela fait déjà deux fois en 6 mois que les caisses ont été fracturées !! Il n’y a plus de respect, moi, je vous le dis ma p’tite dame !

Donc ca fait partie du décor, en venant ici, j’ai pris leurs habitudes et ca ne me dérange pas de ne pas faire ma lessive chez moi, bien au contraire, ca me rappelle mes années d’étudiantes… euh, non en fait, pas vraiment, je ramenais mon linge sale a ma mère…. Bon alors, ca me rappelle ma première expérience a Paris – oui, ca, c’est vrai, quand j’allais a la laverie d’en face, rue Lourmel, l’avantage était que les machines étaient a hublot et qu’on pouvait faire des paris sur la couleur et l’habit qui allaient apparaitre contre la vitre. Ici, c’est chargement sur le dessus, donc, j’attends simplement…. Avec un peu d’imagination, je pourrais me croire dans « Melrose Place » - après tout, je suis bien en Amérique du Nord non ??- et voir débarquer un charmant voisin, beau et intelligent sous tous rapports… Mais la non plus, en général, je me retrouve en compagnie d’une étudiante en musique, anglophone, qui ne décroche pas un mot (c’est exactement le cas en l’espèce) ou une autre d’origine vénézuélienne qui parle trop pour le coup…a son cellulaire (ca aussi, c’est du vécu) ! Bon, faut que je lance ma deuxième tournée !!

Loin des soucis et des obligations terre a terre, la semaine dernière, le mercredi soir, je suis allée entrevoir l’exposition de Maurice Denis au Musée des Beaux Arts de Montréal, peintre nabi, comme Pierre Bonnard dont j’avais tant aimé la présentation au Musée d’Art Moderne de Paris l’année dernière, les deux sont des peintres postimpressionnistes. J’ai beaucoup aimé chez Denis son coté multi-facettes aux talents de peintres et d’illustrateurs, mais également de photographe et de décorateur… Je n’ai hélas pas eu trop le temps de profiter de l’expo autant que j’aurais aimé car j’avais un rendez-vous avec Isabelle… J’y retournerai pour compléter le tout - en plus, c'est lui qui a réalisé cette affiche pour la Dépeche de Toulouse, de toute façon, je peux aller au Musée quand je veux car j’ai un abonnement a l’année (le tout pour la modique somme de 45$, c’est pas du régal ?).








Donc me voila avec Isabelle au Newtown (www.newtown.ca)– serait-ce mon nouveau point de chute ?- a l’angle du comptoir ou nous mangeons une salade. Et nous passons un moment normal et agréable entre filles, à rire, à nous plaindre, à parler de nos projets quand tout à coups, un monsieur surgi de nulle part, se met entre nous et pose sur le coin du bar une carte en nous disant en anglais : «Eh Girls, si vous voulez, j’ai des postes à vous proposer, je monte mon restaurant et j’ai besoin d’hôtesses et secrétaires…. » Interloquées, nous lui sourions bêtement en lui disant bien poliment que « non merci, nous ne sommes pas à la recherche… » - « Vous êtes sures ? », il commence à parler en français, -« Car si vous parlez français, c’est encore mieux…, c’est un super projet », et il sort un autre flyer avec le plan du restau et le colle dans nos mains, il continue : « en tout cas, si vous changez d’avis, n’hésitez pas », et il s’en va faire le même baratin à l’hôtesse qui se tient comme d’habitude à l’entrée du bar. Là-dessus, je dis à Isabelle que je suis assez flattée qu’il nous ait trouvées assez « physiquement intelligente » pour vouloir nous embaucher dans son restaurant, elle me répond qu’elle ressent la même chose… Elle prend au passage les deux dépliants et les mets dans son sac, hum, a-t-elle des projets ?? Et la, j’éclate de rire et je rajoute que c’est quand même bizarre comme situations, j’ai fait six ans d’études après le bac, et Isabelle autant, on est des filles normalement intelligentes, avec un bon métier, une vie sympa,… et on est aux anges parce qu’un gars flatte notre égo sur notre physique…. Y a pas à dire, y a du chemin avant que les clichés s’estompent et les féministes ont encore quelques efforts à faire !

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