

Quand j’explique le camping à la française à mes amis québécois tel qu’il est bien décrit dans le film de Franck Dubosc (« Camping ») et tel que je l’ai bien connu pour avoir travaillé deux saisons dans les Landes, il y a des siècles, ils ne comprennent pas… : le concept de « l’apéro ! », des fils de tentes qui s’entremêlent d’un emplacement à l’autre, et des endroits bondés en bords de plages surpeuplés, des jeux d’eau au moment du lavage de la vaisselle, de l’élection de Miss Camping (c’est du vécu !), des gens qui passent leur été dans une caravane et leurs après-midi devant leur télévision pour ne pas manquer le Tour de France… ils ne comprennent vraiment pas, et, remarquez, moi non plus !!
Alors, j’en rêvais de cette fin de semaine dans les Adirondacks à faire du camping à la québécoise, dans des grands espaces sauvages, d’apprécier la nature et ses avantages tout en la respectant… et d’aller admirer ces montagnes dans l’Etat de New York dont m’avaient tant parlé mes amis randonneurs !!
Et comme beaucoup de fois, c’est avec Geneviève que j’avais monté le projet, nous avions arrêté les dates depuis plus d’un mois. Nous partions à 6 et comme je ne suis pas du tout équipée pour le camping, hormis un sleeping bag (sac de couchage) flambant neuf, je comptais largement sur les autres pour partager avec moi leur expérience… et leur attirail !!Partis vendredi soir, retour prévu le dimanche… Deux petites heures de route sans compter l’arrêt obligé à la frontière pour la française de service (en l’occurrence moi) qui a besoin de son visa pour rentrer aux US ! Et nous atteignons la superbe station de Lake Placid, qui fut 2 fois ville olympique pour les jeux d’hiver…
Le temps de se perdre et de monter la tente en pleine nuit, ou plutôt de regarder les autres faire en tenant les piquets et la flash light (la lampe de poche), juste avant la prochaine averse de pluie, et en constatant que mes amis sont vraiment super forts et efficaces !!!
Jusque là, je n’avais imaginé les Adirondacks que dans ma tête, tellement il faisait noir… Alors au réveil, quel émerveillement !! La nature, le premier voisin est à 20 mètres, chaque emplacement a une table de pique-nique, un coin circoncis pour faire un feu, un robinet d’eau et une prise électrique… Bref, c’est le gros luxe… Et puis le miracle, le ciel est bleu et le soleil brille, et la pluie nous aura quitté pour toute la fin de semaine.Nous nous faisons un petit-déjeuner gargantuesque, nous prévoyons de faire une bonne randonnée. Je suis chargée de choisir notre parcours, étant donné que je me suis procuré un super guide, confié par ma collègue Marie-Chantal, qui m’a recommandé quelques bonnes pistes… -
C’est ça ou faire la vaisselle, je préfère revoir les pistes !! Et nous voilà partis sur ses conseils, notre objectif : le Mont Algonquin (1559m), deuxième plus haut sommet des Adirondacks, nous emprunterons le sentier Van Hoevenberg qui est classé comme très difficile sur le guide (je réalisais seulement le lendemain que le livre ne donnait que 3 niveaux de difficulté, alors que je croyais qu’il y en avait quatre… oups !), 12,8km et 6h de marche avec un dénivelé de 895 mètres…
Pour vous résumer la situation : ce fut difficile !! Non seulement le sentier était très abrupt, mais en plus, il suivait l’ancien lit d’une rivière donc la plus grosse partie du chemin est fait de grosses pierres qu’il faut enjamber, escalader ou sur lesquelles, il faut sauter, à cela, il fallait ajouter l’épaisse boue et le sentier ruisselant générés par les fortes pluies de la veille… Au détour d’un chemin, nous tombons sur une magnifique cascade…
Bien sûr, prête à suivre Geneviève n’importe où, j’escalade encore là-dessus pour prendre une photo !!En clair, moi qui aime les défis, j’étais servie, et pendant que je montais, je pensais déjà que la descente serait encore plus difficile tellement la pente pouvait être impressionnante !! Quoiqu’il en soit, je me souviens avoir dit à mon amie que j’étais heureuse que mon père m’ait appris l’endurance et la pugnacité… Arrivés en haut, la vue est à couper le souffle, tout simplement… Cela vaut vraiment la peine et malgré le fait qu’il soit un ordinaire jambon-fromage entre deux tranches de pain de mie, mon sandwich fut l’un des meilleurs jamais mangé !!


La descente fut délicate, mais avec la joie d’avoir réussi et de rentrer entier… A la fin, j’étais tellement fatiguée que je n’évitais même plus les flaques de boue ! Après quelques courses, pour le barbecue du soir, - et oui !! Elle est pas belle la vie ???- et histoire de voir un peu le centre de Lake Placid, nous rentrons dans notre camp, où j’apprécierais de pouvoir prendre une douche bien chaude dans les baraques à cet effet…
Ah !! J’avais oublié ce « plaisir » de trimballer toutes ses affaires jusqu’à l’autre bout du camping quand la douche juste à côté ne fonctionne pas !!Le soir, barbecue et repas délicieux, bien mérités… quelques bières pour se donner de l’entrain et avoir envie de chanter… Je ne comprends d’ailleurs toujours pas pourquoi, les voisins sont partis sans nous dire au-revoir le lendemain ??? – Oups !- Et puis bien sûr, les guimauves que l’on fait cuire dans le feu de bois… Geneviève nous a soutenu avoir fait cela toute son enfance, elle était donc la « préposée aux guimauves »,
mais je ne suis pas sûre que cela nécessite une technique particulière de faire fondre des guimauves dans un feu, excepté celui de ne pas les faire cramer !!Le lendemain, nous sommes tous brulés (fatigués) et nous décidons d’y aller tranquillement… Les muscles de mes cuisses se rappellent à moi à chaque pas. Du coup, nous optons pour une promenade agréable du site d’Ausable Chasm près de Plattsburg (à 1h30 de Montréal) qui est constitué d’un barrage, d’une jolie forêt et de chemins le long de ses canyons, le temps est au beau, le cadre est très joli et cela ne nous prend que 2h30 d’activité !! Ouff !! Nous finirons même la balade par une mini-descente en rafting, rien de très excitant, le courant n’est vraiment pas fort et nous n’avons aucun effort à produire ! De façon très surprenante, notre barreur, américain, parle un excellent français, car il a passé un an à dans une fac à Paris ! Au final, tout va bien, excepté que je sens que je ne pourrai pas marcher le lendemain sans hurler à chaque pas – ce qui fut effectivement le cas !!






2 commentaires:
Superbes paysages !
Te voilà prête pour aller à Kho Lanta !
Mouais... ;-)
Je vais d'abord m'entrainer et voir si je résiste ne serait-ce qu'aux moustiques québécois!!
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