
Lundi 23 avril, au moment où j’écris, il fait 22 degrés dehors et c’est du bonheur… Les fenêtres de l’appartement sont ouvertes et j’entends au loin les bruits de la rue ! Aujourd’hui, je suis allée travailler en tailleur jupe, jambes nues, difficile encore à croire qu’il y a une semaine, il faisait entre 0 et 5 degrés et que je devais marcher dans des rues enneigées !!!
Je suis émerveillée par ce changement de climat, j’ai quasiment l’impression d’être dans une autre ville !

C’est incroyable comment Montréal a changé de visage, et les gens aussi, je ne savais pas qu’il y en avait autant ici, ils sont tous de sortie ! Je pense que le plus surprenant a été vendredi… je suis rentrée le matin, il faisait autour de 8 degrés, bon mais sans plus, je supportais amplement mon manteau noir, venu dans mes bagages de France, pour marcher 20 minutes de chez moi a chez mon client. L’une des choses qui m’avait surprise le matin était de voir les petites minettes du Collège de Montréal en minijupe plissée courte, jambes nues et chaussettes relevées jusqu’aux genoux… C’était tout mignon et tellement drôle ! Mais frigorifiée en me mettant à leur place, je repensais a ces tendres moments de mon adolescence, moments ingrats, ou l’on ne vit que par le regard des autres…

La journée s’est passée comme une journée de travail classique chargée, entachée par une réunion au cours de laquelle j’apprends qu’il est absolument indispensable que je revienne le lendemain (un samedi) pour travailler sur un fichier d’une extrême importance…. Mon week-end étant en partie compromis, je décide de ne pas pourrir ma soirée du vendredi, d’autant que, nous l’avons tous compris, le temps est superbe dehors… Travaillant dans une salle sans fenêtre, ce n’est que par les sites de météo et les échos des gens qui viennent de l’extérieur que nous savons… Il me tarde !!!

J’ai travaillé comme une folle toute la semaine, et j’ai envie de me détendre, de me poser sur une terrasse et boire un verre en regardant passer les gens ! Je quitte a 5.45pm et je laisse mon manteau dans le bureau, je sors bras nus avec une étole et la je revis !!

La sensation du chaud sur mes bras, je me sens légère, je marche et je souris, je regarde les gens qui ont l’air heureux… Les pin-ups ont sorti les mini-jupes en jean, et les lunettes de soleil, que dis-je, plus exactement les masques de soleil, digne des cagoles du port d’Ajaccio… On se croirait dans une ville de bord de mer, et outre les motos et les coupés cabriolet, on doit maintenant faire attention aux cyclistes qui roulent comme des tambours ! Mais exit le ballet des pelleteuses !
Je marche et m’arrête chez Ogilvy pour acheter du maquillage dont je ne trouve la marque que dans ce magasin… j’en profite pour me faire maquiller, se faire chouchouter ne fait pas de mal après une dure semaine !

L’objectif est d’aller boire un verre en terrasse sur Crescent, le souci est que nous ne sommes pas seuls à avoir le même but ! Les rues fourmillent de monde et jusqu'à très tard. Le Newton est un bon compromis car même s’il n’y a pas a proprement parler une terrasse, il est aménagé de façon a ce qu’en ouvrant toutes les fenêtres coulissantes, on a l’impression d’être sous une pergola…. Je revis, c’est l’été !
Je ne boirai plus de vin blanc, plus autant du moins… C’est trop traitre ! Je me réveille le lendemain avec un mal de tête terrible et une impression de fatigue monumentale… 10h passé, il faut que j’aille travailler et voter après ! Le soleil inonde toujours les rues de ses rayons ! Pas facile de me mettre en tête que je dois m’enfermer dans une salle, j’aurais bien travaillé de la maison… Finalement, le fichier n’est pas prêt… (sgreugneugneu…) et je vais avoir plus de temps libre que prévu cet après-midi… Etant invitée chez Furong et Arnaud le soir, je prévois d’aller voter et de pouvoir me reposer avant la soirée…

Le vote !! Tout une histoire, cela représentait pour moi un acte symbolique de voter a l’étranger, un geste d’appartenance a mon pays, aussi, j’avais bien pensé à m’inscrire sur les listes du consulat avant le 31 décembre de l’année dernière, c’était le premier pas, mais le plus facile vraisemblablement…

Le plus dur pour moi étant d’atteindre le bureau de vote, le seul a Montréal pour toute la communauté française, il se situait dans un quartier d’Outremont en pleine diagonale par rapport a chez moi… Pour expliquer à mes amis parisiens, c’est un peu comme si je vous dis que vous habitez à Convention et que vous allez voter à Pyrénées… Aussi pratique en transports en commun qu’un vélo sans pédale !
Bref, après un rapide coup d’œil sur internet, je prends le métro jusqu'à Place des Arts et puis le bus direction Cote Saint Catherine, au passage, je remarque des filles en maillots de bain allongée sur le Parc Mont-Royal – ca va pas bien hein !! - et étant donné que j’ai une grande habitude de prendre le bus (hum), je descends, bien sur, - fallait-il le préciser ?- au mauvais arrêt et commence à marcher… Evidemment, je n’ai avec moi aucun plan et demande aux gens… je vais marcher ¾ d’heure…

Quelle louseuse !! (du verbe louser, perdre…je plaisante)… Je suis fatiguée en petites chaussures de ville, et je marche, je me pose des questions sur ma réelle motivation à voter et a mes options pour faire demi-tour, a bien considérer il n’y en a que peu… lorsque que j’aperçois devant moi un groupe de français… Pas difficile, je ne sais pas pourquoi, je les ai tout de suite reconnus !! Me voila sauvée, je les suis… mais ils vont tellement lentement qu’a un moment persuadée d’être sur la bonne voie, je les dépasse… jusqu'à ce que je réalise que je ne les entends plus derrière moi… La, je me retourne et... mince!!, ils ont tournés !! Vite, je fais marche arrière et les rattrape, je reste derrière eux… On arrive ! Et la, il y a foule et je me retrouve avec pleins de concitoyens français et ca me fait bizarre d’entendre leur accent, ca fait plus de 6 mois a l’aéroport de Paris que je ne me suis pas retrouvée autant entourée de français !!! Apres plus d’une heure de trajet, je mets 5 minutes à voter… et je me demande comment je vais rentrer, quand a la sortie du gymnase du lycée ou le vote était organisé pour les noms de Gauby a Zivy, je tombe nez a nez avec Katell et Philippe !! Alléluia, je suis sauvée!
Le hasard fait extrêmement bien les choses, il est prévu qu’on se retrouve le soir même chez nos amis, mais en attendant, je les accueille en terre de France comme mes libérateurs… C’est un miracle, ils vont pouvoir me déposer à une bouche de métro ! Yes !