Je fais partie d’un groupe de travail au bureau sur le leadership au féminin…. Magnifique anglicisme assez difficile à traduire littéralement, disons que la meilleure correspondance que j’ai pu trouver est que le leadership correspond à la qualité d’une personne à mener, diriger… Pourquoi au féminin ?
Nous essayons d’encourager les femmes à tous les niveaux à se donner les moyens de progresser et d’évoluer afin d’obtenir des postes de direction.
Alors qu’on parle d’égalité entre hommes et femmes, de parité partout en politique, il est facile de se rendre compte que ces postes sont rarement occupés par des femmes…
Personnellement, dans l’entreprise dans laquelle je travaille depuis 7 ans, je n’ai jamais ressenti la différence, et c’est une chance, j’ai toujours évolué de la même façon que mes pairs masculins – c’est aussi parce que, accessoirement, je suis célibataire et sans enfant !!
Toutefois, la culture, la pression sociale, le regard des autres, poussent parfois ces demoiselles à se mettre plus en retrait que les beaux et preux chevaliers… La cause ? L’homme des cavernes qui va chasser et la femelle qui reste au foyer pour garder les petits et le feu, même si ces images ont évolué avec le temps, il n’en reste pas moins qu’il arrive plus souvent que la femme prenne de la distance par rapport à son travail et consacre plus de temps à la famille, le tout afin de permettre à son mari de réaliser sa carrière, au détriment de la sienne…. Ou alors elle se transforme en Wonderwoman qui assure sur tous les plans et qui a un calendrier aussi chargé qu’un premier ministre et dans lequel il est très difficile qu’un imprévu se glisse ! Je peux en citer des dizaines !
La faute à quoi ? La culpabilité – résultat de la pression sociale -, la culpabilité de ne pas être une bonne maîtresse de maison, de ne pas être une bonne mère !! Le succès dans le travail n’est pas le premier des principes qu’on nous inculque lorsque nous sommes petites… et même plus grandes… Quand une fille se retrouve dans sa famille : « Alors, tu travailles beaucoup trop, mais c’est quand que tu nous présentes un fiancé ? », « Il va falloir que tu penses à nous faire un bébé, faut pas trop attendre, c’est bien beau de travailler, mais bon!! » alors qu’on dirait à un gars: « Tu as raison, prends ton temps, la vie est trop courte, réalise-toi d’abord ». Etre carriériste pour une femme, c’est refuser de rentrer dans ce genre de poncifs et d’accepter cette part de culpabilité que l’on nous fait ressentir au quotidien…
Je ne suis pas pour le « girl power », loin d’être féministe, je voudrais qu’on reconnaisse ma contribution même si elle ne suit pas le schéma classique… Je voudrais pouvoir mener ma carrière tout en ayant une vie de famille épanouie, et avant d’arriver là, tomber sur des gars qui ne partent pas en courant quand je leur dis quel est mon métier… Mais là, je m’égare…
D’où la peur du succès, la résultante en est certains comportements qui viennent amoindrir nos faits et nos gestes dans notre quotidien au travail…
C’est une des raisons pour laquelle des groupes de travail sont consacrés au sujet. On m’a donc demandé, ainsi qu’à deux autres de mes collègues féminines d’écrire 2 capsules (petits textes) chacune sur des conseils et des trucs pour être un bon leader, mes sujets étaient : « S’exprimer comme un leader » et « Le pouvoir de la voix ». A priori, cela s’adressait à un auditoire féminin, mais nous avons jugé que, finalement, cela s’appliquait à tous et des emails ont été envoyés à l’ensemble du bureau de Montréal. J’ai eu un retour très positif des gens, sur le contenu, d’autres ont adoré la photo (!)- ok, mais le message???... Et puis, cela m’a fait bizarre de me retrouver afficher à la machine à café de chaque étage…
Par ailleurs, je vais rentrer bientôt dans ma famille, je ne leur raconterai pas que je me fiance ou que j’ai trouvé Mister Perfect, mais je pourrai leur dire que ce matin, j’ai fait ma première grosse présentation devant un public externe en tant que spécialiste sur les normes comptables internationales, le tout en anglais au pied levé, car j’avais tout préparé en français et j’ai dû changer au dernier moment… Ils ne réaliseront peut-être pas tout ce que cela représente pour moi, mais de mon côté, je suis plutôt fière !!! ;-)))) !


