
Au moment, où j’ai commencé cet article, je me trouvais confortablement assise dans la salle d’embarquement de l’aéroport de San Francisco… Il était 11ham dimanche, Véronique et David m’avaient déposé une demi-heure avant. J’avais passé la sécurité, non pas sans surprise, je m’explique, j’avais quatre « S » signalés sur mon billet, ce qui signifie vraisemblablement que je dois

être considérée comme très risquée puisque j’ai eu droit à un traitement différent des autres : mise à part des gens, mes sacs ont été complètement fouillés, et je suis passée dans une espèce de détecteur bizarroïde qui souffle des jets d’air, les autres passagers m’observant tous comme si j’avais été prise en faute… Ce n’est pas tant les mesures prises qui sont impressionnantes, mais l’allure des agents de sécurité qui sont vraiment effrayants : je n’avais rien fait et je me sentais déjà coupable…

Peu importe, c’était oublié, et dans mon blog, je racontais comment bonnes avaient étaient mes vacances, malgré le temps des 3 derniers jours…
Effectivement, il y avait quelque chose de comique à se trouver en Californie et de vivre les pires tempêtes de vent et de pluie qu’avait connues l’Etat depuis bien longtemps… Même les journaux télévisés en France avaient relaté les intempéries et réussi à inquiéter ma mère…

Ça me rappelait la Corse, car à chaque fois que j’allais voir mon père, il y avait bien deux chances sur trois pour qu’il pleuve…. Mais j’étais philosophe : j’avais pris le risque en venant à cette période de rencontrer du mauvais temps, ensuite, j’en avais bien profité dans les premiers jours de beaux temps, et enfin, j’avais passé de très bons moments avec mon couple d’amis. J’étais contente de retrouver mon chez-moi, mon chat et ma vie sympathique. L’espace d’un instant la veille, nous avions redouté que le vol ne parte pas, à cause des vents, et nous avions parlé de ces histoires rocambolesques où les gens restent coincés dans les aéroports… mais, le temps de ce dimanche matin était plus calme, et les vols maintenus… Je ne me doutais pas…

L’embarquement se fait dans les temps pour le vol vers Detroit (Michigan), où je dois prendre une correspondance pour Montréal. J’ai le siège 42 et je réalise en longeant l’allée qu’il s’agit de la dernière rangée, plus loin, et je ne pourrais être assise que dans les toilettes ! Je rencontre mes deux voisines, une jeune maman enceinte et sa petite, adorable, de 3 ans… avec qui je fais très vite connaissance… Et là, nous attendons le décollage…pendant une heure et quart… Le commandant annonce que nous n’arriverons à Detroit qu’à 9pm, sachant que mon vol pour Montréal doit décoller à 9.13pm, je commence déjà à m’inquiéter… L

e stress, tout le long du vol, je n’ai plus cœur à discuter, je regarde juste les paysages enneigés, sûrement le résultat du temps de ces derniers jours, je cherche à m’enquérir auprès des hôtesses qui, dès qu’il y a le moindre souci, sont là pour essayer de tourner autour du pot et être de moins en moins agréables… Finalement, nous arrivons à 8.54pm, et je crois encore qu’en courant très vite, je peux rattraper la porte d’embarquement de Montréal. Même si les passagers arrivés à destination laissent passer ceux qui ont une correspondance, je pars de très loin !

Et puis je cours, mais je ne sais si vous connaissez l’aéroport de Detroit, il est gigantesque, c’est pas un sprint que je fais, mais une course de fond, seuls les tapis roulant sont là pour m’aider, mais je suis à l’opposé de la porte, et les allées sont longues… En cours de route, je réalise que mon sac à dos s’est ouvert, je dois m’arrêter, ce faisant, je fais tomber mon passeport et mon visa – ma petite carte verte – pour les US, je ramasse le tout et repars, haletante et hors de moi.

J’aperçois au loin le comptoir que je souhaite atteindre avec des gens devant, je finis de courir, et ai du mal à ne pas être impolie et passer devant tout le monde, afin de savoir… Puis je comprends, il est trop tard, le vol est parti…. Et là, je rencontre deux personnes qui sont dans le même cas que moi, notre rodéo commence, d’abord, on nous propose un prochain vol… le lendemain à 5pm ! No way ! J’ai une réunion a 8.30am que je n’ai pas envie de manquer… Je me bats comme une lionne, en anglais. Mais les agents de comptoirs doivent avoir une formation spéciale pour être soit désagréables, soit inutiles, soit trop gentils et tout de même inutiles… Toutefois, nous avons tous les trois la même motivation : rentrer à la maison ; nous allons errer presque 2 heures dans la salle d’embarquement passant d’un comptoir Northwest Airlines à un autre, glanant des informations et essayant de négocier…

Impossible, nous devons passer la nuit sur place, à nos frais, bien entendu – soit disant que notre mésaventure est seulement due aux intempéries… Bref, l’horreur !
Nous devons sortir de l’aéroport, et au moment de passer la sécurité dans l’autre sens, je réalise que j’ai perdu mon visa, cette petite carte verte dont j’ai besoin pour les US, je ne connais pas bien les conséquences, mais, le stress et la fatigue aidant, me rappelant de l’humiliation du contrôle de sécurité, je craque au moment de sortir : je demande au gardien ce que je risque si je sors et que je n’ai pas le papier, il ne sait pas, bien entendu ! Et là, je pleure… Je suis bloquée et ne veux pas sortir. Céline vient vers moi et très gentiment me dit d’attendre là, le temps qu’elle et Luc s’assurent que dormir à Detroit est notre seule solution….
Je suis comme une malheureuse derrière les plexiglas de la sécurité et j’attends…

Un autre gardien arrive pour prendre la relève de l’autre qui ne fait pas cas de moi et n’explique rien à mon sujet… Mais ce dernier est intrigué et commence à me poser des questions, et puis là, nous avons une conversation agréable… Alléluia, enfin, une personne qui sait faire preuve d’humanité dans l’aéroport… Nous n’en rencontrerons pas beaucoup au cours du voyage ! Il me félicite sur mon anglais et me demande où j’ai appris. Il m’explique aussi que la perte du petit carton vert ne me posera de problème qu’une fois à la douane… D’ici là, je serai arrivée à Montréal, j’aurai le temps de voir venir. Luc et Céline viennent me rechercher, et nous partons aux réclamations de bagages, où une agente nous dit que nos valises nous suivront demain – notre itinéraire Detroit-Cleveland, Cleveland-Montréal-, en attendant, elle nous fournit un kit de toilettes… Super !!

Un petit voyage en navette et nous nous retrouvons au Day’s Inn de l’aéroport… 3 heures après notre atterrissage… La cuisine est quasiment fermée, restent seulement des plats frits bien gras… Beurk ! Au secours…
Je dormirais très peu, j’ai trop peur de louper l’heure du réveil… Je retrouve Céline et Luc ainsi que mon petit visa (Youpi !), et nous repartons à l’aéroport. Le passage à la sécurité est pire qu’à San Francisco, mes compères de voyage observent incrédules, Luc me demandera juste après : « Ton prénom, c’est pas vraiment Frédérique, et ta boîte juste une couverture, n’est-ce pas ? ». Nous rions, malgré tout !
Le vol Detroit-Cleveland dure 25 minutes…

Dans un ridicule petit avion Saab à hélice, Luc aura une réflexion juste : « J’ignorais que Saab faisait des avions ! ». En cours de voyage, nous discutons, et nous faisons connaissance tous les trois. J’apprends des choses très intéressantes sur le Québec.
Et je me retrouve dans l’Ohio, à Cleveland – depuis le temps que je chante la chanson d’Isabelle Adjani !!- pour une heure… Et enfin, nous rentrons dans l’avion pour Montréal… Nous partons en avance, le commandant veut profiter d’une fenêtre de temps clément pour atterrir sur Montréal… Je passe un bon vol et j’admire la mer de nuage que nous survolons… Et puis nous approchons de notre point d’arrivée, nous comprenons que le temps est mauvais et brumeux, mais l’avion se positionne pour atterrir…

aucune visibilité jusqu’à ce qu’on se trouve à une centaine de mètres de la piste et qu’on commence à apercevoir les habitations d’un peu trop près d’ailleurs… Et au moment, où l’on croit que l’on va enfin arriver, le pilote remet les gazes et repart… Le temps est trop mauvais, nous allons nous poser à l’heure prévue mais à Burlington dans le Vermont aux Etats-Unis, à une heure et demi de Montréal en voiture, dix minutes en avion… Encore !!
Un cauchemar, je vis un cauchemar ! Là, le pilote nous offre deux choix : soit nous repartons avec l’avion dans les dix minutes pour Cleveland, soit nous descendons de l’avion et nous rentrons à Montréal par bus ou voiture de location, à nos frais bien sûr !!

C’en est assez, nous prenons l’option de rentrer par la route, et bien sûr pas de trace de nos bagages qui doivent encore se trouver dans les dédales de Detroit… On nous envoie à Montréal pour porter réclamation. Là, je dis à Luc et Céline : « Je vous aime bien, mais là là, il me tarde le moment où je ne vous verrez plus !!! », et eux pareil !
Le temps de trouver une voiture, et nous voilà partis vers 2pm, plaisantant sur le passage de la frontière avec ma condition de passager à hauts risques ! Et finalement, pas de troubles, quand nous racontons notre parcours totalement invraisemblable à l’agent de douane canadien, c’est tellement abracadabrant qu’il en est désolé pour nous, et nous laisse passer sans problème… Direction l’aéroport de Montréal, pour gérer la réclamation de nos bagages et récupérer la voiture de mes nouveaux amis… A 4pm, nous arrivons à Dorval, et nous en ressortirons à 7pm, après avoir bataillé pendant 3h, pour, premièrement, poser la plainte pour nos bagages égarés– nous apprenons qu’il aurait fallu le faire à Burlington !!,

et deuxièmement, pour les dédouaner, afin qu’ils nous soient expédiés directement et d’éviter d’avoir à repasser un après-midi à l’aéroport dans le cas où ils les retrouvent !!! Le tout par téléphone avec des agents qui se trouvent à 10 mètres de là dans des bureaux où ils fuient les mécontentements de la clientèle.
Luc et Céline me ramènent à la maison, à 7.30pm… 30 heures après avoir pénétré les portes de l’aéroport de San Francisco. La seule consolation de ces deux jours, et pas des moindres, est d’avoir rencontré des gens biens et infiniment gentils. Je suis toujours dans l’attente de mes bagages, l’espoir fait vivre… J’ai l’impression de me trouver dans la peau du héros du roman de Stephen Clarke que j’ai acheté à l’aller
«Merde happens» (la merde arrive), un anglais qui vit que des galères en voyage aux Etats-Unis.
6 commentaires:
On est franchement désolés. C'est une histoire de dingue. Ca confirme ce qu'on a déjà vécu : les compagnies américaines sont à ch...
En espérant que tu garderas quand même un bon souvenir de ton séjour en Californie.
Véro et David
Ne vous inquiétez pas, j'ai déjà envie de revenir... mème si je serai un peu échaudée!!
Fred
eh bien si ce n'est n'est pas une véritable histoire de fou que tu as vécu là ça y ressemble, j'espère que tu vas récupérer tes bagages et que tu vas vite passer à autre chose
j'attends le récit de tes vacances avec beaucoup d'intéret comme d'habitude
bisous
maman
Aie Aie Aie!!!
Toute une histoire!
Moi aussi je me suis fait fouiller a l'aeroport le 24 decembre... mais le pire c'est que je ne sortais meme pas du pays!! J'allais chez mon pere a Toronto.
Le monsieur ne comprenait pas que j'avais des 'snaps' apres mes jeans et c'est ce qui faisait sonner la barriere!
Il a fait signe a une dame (agente) de me fouiller DANS mon chandail et DANS mes culottes!!!
Tout un powertrip!! et tout ca devant tout le monde... meme pas de petits rideaux !!!
Super experience agreable (sarcasme!!)
Pfou eh ben !!!!
Je ne sais pas comment j'aurai fait à ta place ! Heureusement que tu as trouvé des gens sympas, sinon, l'horreur du voyage aurait été encore pire !!!
Mais bon, d'ici quelques temps, tu en rigolera !... (enfin, j'espère !)
:o)
Bonne nouvelle in fine!! On m'a ramené mon sac hier soir! Ouf, je suis soulagée!!!
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